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Analyse mensuelle de l’épargne en Europe

Raisin publie régulièrement un rapport sur l’épargne européenne. Utilisant les dernières données de la BCE, nous recensons également les données de chaque marché: les meilleures offres de dépôts en vigueur, les taux d’intérêt offerts par les trois plus grandes banques, l’évolution des  taux d’intérêt… afin de vous offrir une meilleure compréhension du marché de l’épargne.

Raisin est une plateforme qui offre des dépôts à terme et des comptes d’épargne à travers l’EEE. Si vous voulez savoir comment fonctionne Raisin et comment investir, vous pouvez cliquer ici.

L’inflation élevée est temporaire, mais pas les taux bas, annonce la BCE

Les écarts de taux d’intérêt reflètent les déséquilibres de liquidité qui continuent de peser sur le secteur bancaire européen.

 

La Banque Centrale Européenne (BCE) a indiqué qu’elle considérait la hausse de l’inflation comme étant un phénomène temporaire, à laquelle s’aligne la Banque de France (BdF) qui projette une inflation de 1,5% en moyenne en France pour l’année 2021, avec un pic de 2,1% prévu pour octobre. Avec la reprise et la hausse de l’inflation, certains pourraient donc se demander si ce serait le temps de freiner la politique monétaire de soutien. Cependant, la BCE ne tient pas le même discours quant au contexte de taux d’intérêt très bas, et elle entend resserrer les taux d’ici le premier trimestre de 2022.

Ce risque inflationniste pourrait se confirmer avec la reprise économique. La Banque de France vient de publier le 14 Juin ses projections macroéconomiques. Elle prévoit un rebond très fort de l’activité économique, le PIB s’établirait à 5,75% en 2021 (4,6% pour la Zone Euro) et devrait être maintenu à un niveau élevé de 4% en 2022. Cette forte croissance serait alimentée à la fois par la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. Cependant, ce scénario repose d’une part sur une utilisation du surplus d’épargne financière par les ménages et d’autre part sur l’évolution du prix et leur impact sur les marges des entreprises. Le taux d’épargne baisserait de 22% au deuxième trimestre 2021 à 17% au dernier trimestre, ce qui reste tout de même un niveau élevé, reflétant peut être un changement de comportement de l’épargnant-consommateur après une si longue période de confinement: garderait-il l’habitude d’épargner?

Il est à noter que les derniers chiffres sur l’inflation ne sont pas suffisamment élevés pour supposer une revue à la hausse du taux d’intérêt du Livret A au mois d’août prochain.

 

Où y a-t-il trop de liquidités, et où n’y en a-t-il pas assez ? Les écarts de taux d’intérêt se réduisent en Europe, mais un écart de 1 point subsiste tout de même

Les recherches menées par Raisin sur les taux d’intérêts les plus élevés disponibles d’un marché à l’autre, ainsi que sur les plus bas (en observant les moyennes des taux des trois plus grandes banques de chaque pays) indiquent que les écarts d’intérêt au sein des marchés se contractent. Les grandes banques proposent des taux d’intérêt toujours plus bas, et les taux les plus élevés diminuent de manière accélérée. En Allemagne, par exemple, la tendance pourrait être sur le point de se renforcer. La plus haute instance judiciaire vient d’interdire aux banques de répercuter leurs coûts sur leurs clients, chose qu’elle faisait en facturant des frais plus élevés ou supplémentaires. Les banques du pays sont exposées à de nouvelles charges considérables, estimées à 300 millions d’euros pour la Deutsche Bank seule (Handelsblatt, Juin 2021).

Cependant, cela reste une flou juridique en France, certaines banques répercutent déjà les coûts liés aux excédents de liquidités (Voir Analyse de Février) mais ce cadre réglementaire pourrait s’inspirer du modèle allemand.

Les dernières données de la BCE affichent une légère hausse des taux d’intérêt des particuliers, le troisième mois consécutifs où on n’enregistre pas une baisse du taux moyen. Les légères hausses que nous observons dans les chiffres publiés par la BCE concernent toutefois des niveaux très bas, la moyenne globale de la zone euro étant de 0,19%. Il existe toujours un écart de 1,06 points en moyenne entre les taux d’intérêt des particuliers dans l’Espace économique européen, et nos propres données enregistrent un écart de 0,966 point sur les meilleurs taux d’intérêt disponibles sur les principaux marchés européens.

Ces écarts laissent entrevoir des opportunités transfrontalières pour les banques comme pour les déposants. Matthias Klaubert, expert bancaire, directeur des opérations et de la gestion des banques partenaires chez Raisin, explique ci-dessous comment le maintien de taux d’intérêt bas modifie la gamme de produits disponibles pour les consommateurs et a un impact sur le déséquilibre des liquidités dans le secteur bancaire.

 

 

ANALYSE DE RAISIN : COMPARAISONS

Comparaison des 3 plus grandes banques aux 3 meilleures offres du marché

Note: En Italie, il faut préciser qu’il ne s’agit que d’une des plus grandes banques domestiques, les deux autres ne proposant aucun produit de dépôt à 1 an.

 

  • A travers la zone euro, les taux d’intérêt les plus élevés ont continué à chuter. Seule la France et la Belgique font figure d’exception.
  • Les meilleurs taux d’intérêt disponibles pour les dépôts à un an sont désormais inférieurs à 1% en Italie, et ont atteint un nouveau seuil plancher de 0,523% en Allemagne.
  • Les meilleures offres sur les marchés français et belge se maintiennent à un taux moyen de 0,45% et 0,55% respectivement.
  • En dehors de la zone euro, la situation est plus stable, notamment pour la Suède, la Norvège et la Pologne. Seul le Royaume-Uni a connu une légère hausse, de plus d’un dixième de pour cent pour le deuxième mois consécutif.

Remarque: De nombreuses grandes banques Européennes ne proposent aucun dépôt à terme à un an, notamment en Allemagne, en Espagne et aux Pays-Bas. Quant aux grandes banques d’Irlande, de France, de Pologne et d’Autriche, elles proposent peu d’offres, et à des taux d’intérêt très bas. Ce n’est qu’en Belgique, en Italie et en Norvège, que la plupart des grandes banques proposent des dépôts à terme à un an, à des taux d’intérêts moyens supérieurs à un dixième de pour cent. Il peut être judicieux pour l’épargnant-consommateur d’exploiter ces offres plus compétitives que celles proposées par leurs banques domestiques.

 

Meilleures offres à 1 an et à 3 ans

Au sein de la zone euro, seule l’Italie affiche des taux d’intérêt à 3 ans supérieurs à 1%, tandis que tous les taux les plus élevés à 1 an sont passés sous la barre des 1%. En dehors de la zone euro, tous les pays que nous avons étudiés – du Royaume-Uni à la Pologne en passant par la Scandinavie – affichent des taux à 3 ans relativement élevés, bien supérieurs à 1%, et des taux à 1 an qui suivent la même tendance, proches ou même supérieurs à 1%.

 

  • Les meilleurs taux d’intérêt disponibles pour les dépôts à terme à 3 ans ont baissé dans la plupart des pays de la zone euro, notamment en Allemagne, en Espagne, au Portugal, aux Pays-Bas et en Irlande.
  • La Norvège, la Suède et l’Italie continuent d’afficher les taux d’intérêt les plus élevés sur les dépôts à terme à 1 et 3 ans, avec le Royaume-Uni pas loin derrière.
  • L’Italie, la France et la Belgique sont restées stables, avec un taux élevé de 1,575% sur les meilleurs taux à 3 ans en Italie.
  • Le Royaume-Uni a connu une augmentation depuis le mois dernier pour atteindre une moyenne de 1,12%.
  • Suite à une baisse générale de ses taux d’intérêts, les meilleurs taux à 3 ans disponibles sur le marché espagnol sont finalement supérieurs aux taux à 1 an, une première depuis Septembre dernier.
  • En Allemagne, en Belgique et en Irlande, l’écart entre les taux d’intérêt les plus élevés à 1 an et à 3 ans continue à se réduire, se situant désormais à un dixième de point ou moins.

 

DONNÉES AVRIL 2021 DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES PARTICULIERS

Les taux d’intérêt moyens des particuliers restent égaux ou inférieurs à 0,2% dans 15 pays européens, mais depuis près d’un an, plusieurs marchés ont connu des variations significatives. Tout particulièrement le marché italien, qui a vu son taux moyen chuter de 1,55% en mars 2020 au début de la pandémie à 0,82% selon les données les plus récentes. Quant en France, le taux a diminué de 0,76% à 0,41%, au Royaume-Uni de 1,04% à 0,27%, et en Pologne de 1,2% à 0,19%.

Parmi les grands pays du continent, seule la Suède a connu un changement positif, passant d’un taux moyen de 0,15% il y a un an à 0,42% aujourd’hui. La Belgique a plus que doublé son taux moyen, mais cela reste dans une fourchette relativement basse, de 0,09% à 0,21%.

 

Taux d’intérêt moyen des nouveaux dépôts, ménages privés; maturités ≤ 1 an, données de la BCE. Note : Les données de la Banque centrale néerlandaise concernant les dépôts à terme d’une durée inférieure ou égale à un an comprennent un « dépôt de construction » spécifique au pays, dont les taux moyens sont plus élevés que ceux des dépôts à vue et à terme.

 

  • La France a enregistré une légère augmentation de 6 points de base, après plusieurs mois de baisse continue (-14 points de base depuis Janvier dernier).
  • D’autres marchés, tels que la Belgique, les Pays-Bas et la Suède, ont également connu des augmentations du taux d’intérêt moyen mais inférieur à la France, entre 2 et 3 points de base.
  • Le taux moyen allemand est resté inchangé à 0,06%, tout comme l’Italie (0,82%), l’Espagne (0,01%) et la Grèce (0,16%).
  • Le taux enregistré en Italie (0,82%) reste une singularité parmi les grandes économies (si l’on exclut le taux moyen néerlandais, dont le calcul inclut les produits d’épargne dédiés à la construction).
  • Plusieurs marchés européens plus petits – Danemark, Lettonie, Malte – ont connu de fortes baisses de leurs taux d’intérêt moyens, de -16 à -33 points de base.

 

DONNÉES AVRIL 2021 DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES ENTREPRISES

S’ajoutant à la pression de l’inflation croissante, les entreprises de 22 pays européens sont confrontées à des taux d’intérêt inférieurs à 0,1% en moyenne sur leurs liquidités. Dans la zone euro, le taux d’intérêt moyen pour les entreprises est tombé à 0,18%. Les entreprises allemandes, espagnoles et néerlandaises sont particulièrement touchées, avec des taux moyens compris entre -0,23% et -0,29%, mais tout de même moins que l’Irlande qui se situe en queue de peloton avec un taux moyen de -0,43% sur les dépôts des entreprises.

 

Taux d’intérêt moyen pour les nouveaux dépôts des entreprises, avec une  échéance ≤ 1 an, statistiques de la zone euro.

 

  • Dans 10 pays européens, les entreprises sont confrontées à des taux négatifs sur leurs dépôts, notamment en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas, en Irlande et en Espagne.
  • Douze autres marchés – dont la France, le Royaume-Uni et la Suède – affichent des taux moyens inférieurs à 0,1% pour les entreprises.
  • Parmi les économies d’Europe occidentale, seule l’Italie affiche un taux moyen compétitif de 0,31%. L’Estonie ainsi que plusieurs marchés d’Europe de l’Est offrent également en général aux entreprises un rendement sur leurs capitaux.
  • Les taux proches ou inférieurs à zéro pénalisent fortement les entreprises qui détiennent des liquidités, notamment face à une inflation croissante.

 

 

Commentaire de Matthias Klaubert, directeur des opérations et de la gestion des banques partenaires de Raisin:

«Les banques sont confrontées à un ensemble unique de défis en matière de gestion des liquidités en 2021, à la sortie de la pandémie, en sachant que les dépenses des clients vont reprendre, mais avec une incertitude quant au moment et à l’ampleur. La forte hausse de l’inflation au cours des derniers mois souligne également la pression exercée sur les clients des banques -les particuliers tout comme les entreprises- pour trouver des solutions permettant de réduire leurs pertes, voire d’offrir de la rentabilité. Sur plusieurs grands marchés de la zone euro, les plus grandes banques imposent de plus en plus des taux négatifs aux clients commerciaux, et abaissent même le seuil des taux négatifs pour les particuliers, faisant accroître la pression sur les clients pour qu’ils agissent au plus vite.  Selon nos recherches, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Espagne, de nombreuses grandes banques ont tellement d’excès de liquidité qu’elles ne proposent plus du tout à leurs clients les produits de dépôt à terme à 1 an, les plus prisés.

Dans un même temps, nous constatons un énorme regain de dynamisme dans certains secteurs de l’économie, comme par exemple le secteur des technologies, ainsi que sur le marché bancaire B2B qui sert ces secteurs dans le ‘backend’. Les banques spécialisées qui participent à cette croissance ont besoin de ces liquidités plus que jamais – dont une grande partie est bloquée dans les grandes banques européennes – et les marges des banques spécialisées vont leur permettre d’être compétitives en termes de taux pour attirer les liquidités dont elles ont besoin.

Compte tenu des risques inflationnistes (même s’ ils semblent avoir été surestimés), les déposants sont avides d’options d’épargne pour faire face à la perte de pouvoir d’achat.  Le maintien de taux d’intérêt bas permet aux banques qui ont besoin de liquidités de se démarquer plus facilement auprès de ces épargnants – et en examinant les marchés européens, elles disposent d’options très rentables dans des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne.»

 

Les sources des recherches

Allemagne:                 Deutsche Bank, Commerzbank, HypoVereinsbank –                  biallo.de

Autriche:                     Erste Bank, Raiffeisenlandesbank Oberösterreich, Bawag –     biallo.at

Belgique:                     ING Belgium, KBC, Belfius Bank –                                                  spaargids.be

Espagne:                      Santander, BBVA, Caixabank –                                                       tucapital.es

France:                         BNP Paribas, Crédit Mutuel, Societe Generale –                         francetransactions

Irlande:                         Bank of Ireland, Allied Irish Banks, Ulster Bank –                       ccpc.ie

Italie:                             UniCredit, Banca Monte dei Paschi di Siena, Mediobanca –     confrontaconti.it

Norvège:                      DNB, Danske, Nordea –                                                                    finansportalen.no

Pays-Bas:                      RaboBank, ING, ABN –                                                                      geld.nl, spaarrente.nl

Pologne:                        PKO Bank Polski, Bank Pekao, mBank –                                        oprocentowanie.pl

Portugal:                        Novo Banco, BPI, BCP –                                                                   comparaja.pt

Royaume-Uni:               HSBC, Barclays, RBS –                                                                      which.co.uk

Suède:                            Nordea, SEB, Svenska Handelsbanken –                                       finansportalen.se

Banque de France, Projections Macroéconomiques, Juin 2021

Handelsblatt, Deutsche Bank is expecting a charge of 300 million euros, 10 Juin 2021

Existe-il encore des options pour faire croître son patrimoine?

Les Européens pris au piège entre la hausse de l’inflation et la baisse des taux d’intérêt 

En cette période sans précédent, caractérisée par un surcroît d’épargne pour les ménages français, certains placements et notamment l’emblématique Livret A ont connu une collecte record au cours de l’année 2020 (voir Analyse de décembre 2020). Cette tendance persiste en 2021, ce «placement refuge» a enregistré un niveau record de collecte au mois de février, s’élevant à 2,9 milliards d’euros selon la Caisse des Dépôts. Et ce malgré son faible taux de 0,5% p.a, en deçà du niveau d’inflation de 0,9% prévu pour 2021 par la Banque de France (BdF).

D’après Eric Heyer, directeur du département analyse et prévision de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), cette épargne était «contrainte» et, due à une «consommation empêchée». Cela soulève donc la question, comment va se comporter l’épargnant-consommateur une fois actée la levée des restrictions? Sera-t-il plutôt cigale ou fourmi? Va-il consommer et confirmer l’hypothèse de la reprise économique formulée par la BdF ou au contraire continuer d’épargner par précaution?

L’attitude prudente envers l’argent est enracinée dans la culture française, mais la réponse à ces questions reste à voir, notamment dans les mois à venir avec le déconfinement du 19 mai et l’ouverture des commerces non essentiels (restauration, secteur culturel etc). D’ailleurs, les banques centrales comptent bien sur ce changement d’attitude dans leurs prévisions de reprise économique au deuxième semestre 2021.

De plus, si l’épargnant-consommateur cherche à épargner, il se retrouve vite face aux taux très bas, voire négatifs, auxquels s’ajoutent les risques inflationnistes et la perte de pouvoir d’achat. Dans un tel contexte, que faire de son épargne? Comment continuer à faire croître son patrimoine? Dr Verena Thaler, Vice-Présidente et responsable Stratégie chez Raisin, aborde ces questions en fin d’analyse, ainsi que l’importance pour les épargnants de devenir plus actifs dans leurs recherches de rentabilité. 

 

ANALYSE DE RAISIN : COMPARAISONS

Comparaison des 3 plus grandes banques aux 3 meilleures offres du marché

*Réaliser un ratio entre la moyenne des grandes banques espagnoles à 0% et les offres les plus élevées à 0,733% est mathématiquement impossible mais 733 reflète au mieux la situation réelle.

 

  • La France, l’Italie, la Norvège et la Suède ont toutes vu la moyenne de leurs taux d’intérêt les plus élevés baisser.
  • Les meilleures offres sur le marché français pour les dépôts à terme d’un an ont atteint un nouveau taux plancher de 0,450%, perdant ainsi 7 points de base depuis le mois dernier.
  • Les taux ont stagné en Allemagne, en Espagne, en Belgique, aux Pays-Bas et en Irlande.
  • Quant au Royaume-Uni, les taux les plus élevés disponibles sur les dépôts à terme ont augmenté de plus d’un dixième de point pour atteindre 0,740% (contre 0,597% en Avril). Il convient de noter que les taux de ce marché ont connu des variations volatiles d’un mois à l’autre.
  • Sept des marchés que nous avons étudiés présentent des écarts de plus d’un demi-point entre les meilleures offres disponibles et les taux offerts par les grandes banques, dont l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Espagne.

Remarque: En devenant plus actif dans la gestion de son épargne et en tirant parti du marché unique des services bancaires et financiers en Europe, l’épargnant-consommateur peut trouver des taux plus rémunérateurs sur certains marchés hors de son pays domestique.

 

Meilleures offres à 1 an et à 3 ans

L’écart entre les taux les plus élevés des dépôts à terme à 1 et à 3 ans reste minime sur la majorité des marchés européens que nous avons étudiés. Celui-ci est inférieur à un dixième de point en Allemagne et en Irlande et inférieur à trois dixièmes de points en Espagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Autriche, en Pologne et en Norvège.

La France et l’Italie font toujours figure d’exception, avec des taux à 3 ans supérieurs de plus de quatre dixièmes de pour cent en moyenne aux taux à 1 an.

 

  • En France, les taux d’intérêt les plus élevés sur 1 an et 3 ans ont diminué depuis le mois dernier. Notamment les taux les plus compétitifs offerts sur les dépôts à 3 ans ont baissé en moyenne d’un dixième de pour cent.
  • Les taux d’intérêt les plus élevés sur 3 ans en Allemagne ont également diminué, mais seulement de manière infime.
  • Au Royaume-Uni, les taux d’intérêt les plus élevés à 3 ans ont légèrement augmenté, tout comme les taux les plus élevés à 1 an.

Remarque: Dans ce contexte, il peut être judicieux d’adopter une stratégie d’échelonnement de son épargne sur des durations différentes, afin de la préserver des risques inflationnistes et de la baisse des taux si cette dernière continue. Il existe des taux d’intérêts à moyen terme, 3 ans et plus, supérieurs aux estimations actuelles du taux d’inflation à venir.

 

DONNÉES MARS 2021 DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES PARTICULIERS

En Europe, la tendance a été de nouveau à la baisse pour les taux d’intérêt des particuliers au mois de mars. En moyenne, les taux d’intérêt sur les dépôts à terme d’un an ou moins ont baissé dans toute la zone euro, ne reflétant toutefois que de légères variations pour des taux à des seuils déjà bas.

Depuis le début de l’année 2021, pas un seul pays de la zone euro n’a connu un taux moyen supérieur à un pour cent pour les dépôts des particuliers.

Taux d’intérêt moyen des nouveaux dépôts, ménages privés; maturités ≤ 1 an, données de la BCE. Note : Les données de la Banque centrale néerlandaise concernant les dépôts à terme d’une durée inférieure ou égale à un an comprennent un « dépôt de construction » spécifique au pays, dont les taux moyens sont plus élevés que ceux des dépôts à vue et à terme.

 

  • Parmi les plus grands pays européens, la France et la Suède ont enregistré les baisses les plus importantes, la France ayant perdu 12 points de base et la Suède 8.
  • Les marchés plus petits tels que la Slovaquie et la Lettonie ont également enregistré des diminutions, de 10 et 16 points de base respectivement.
  • Les seuls mouvements à la hausse à noter, concernent le Danemark et le Luxembourg, avec ce dernier ayant franchi la barre des zéros après avoir plongé à -0,03% en février 2021. Ces deux marchés sont généralement volatils par rapport au reste de l’Europe.

 

DONNÉES MARS 2021 DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES ENTREPRISES

En ce qui concerne les entreprises, elles ressentent peut-être les bonnes nouvelles annoncées par la BCE, qui se traduisent par de légères augmentations des taux d’intérêt sur les dépôts des entreprises dans certains des plus grands marchés de l’euro, notamment l’Allemagne, la France, la Belgique et les Pays-Bas.

La France, est sortie du territoire des taux négatifs après son plongeon en février dernier, offrant ainsi un répit, du moins temporaire, aux entreprises françaises.

Taux d’intérêt moyen pour les nouveaux dépôts des entreprises, avec une  échéance ≤ 1 an, statistiques de la zone euro.

 

  • La France a enregistré la plus forte hausse de la zone euro, de 17 points de base pour atteindre un taux de 0,04%. En février dernier, celle-ci avait connu la diminution la plus importante depuis près d’un an (-23 points de base).
  • L’Allemagne et les Pays-Bas sont toujours en territoire négatif, mais ils sont désormais beaucoup plus proches de la barre du zéro que le mois dernier, à respectivement -0,12% et -0,22%, alors qu’ils avaient atteint leurs plus bas niveaux de -0,42% et -0,43% (Voir Analyse février).
  • Les taux de dépôt des entreprises en Espagne restent en dessous de zéro, à -0,31%, tout comme le mois dernier.
  • Les entreprises irlandaises enregistrent les taux d’intérêt les plus bas de la zone euro, avec une moyenne de -0,46%.

 

 

Dr. Verena Thaler, vice-présidente de Raisin, responsable de la stratégie et du développement commercial, nous éclaire sur l’impact des faibles taux d’intérêt sur les consommateurs et les options ouvertes à eux pour gérer leur épargne:

«Nous entrons dans une nouvelle ère pour la constitution de son patrimoine. Les consommateurs sont confrontés à de nouveaux défis pour former leur patrimoine ou pour diversifier leur argent dans des investissements à court terme. La plupart des Européens qui ont des économies dans une banque font face à des taux d’intérêt toujours plus bas, voire négatifs. Aujourd’hui, alors que l’inflation dépasse les taux d’intérêt les plus élevés, leur possibilité de bénéficier d’un rendement sur leurs économies a pratiquement disparu.

Toutefois, les investisseurs ont encore des alternatives pour faire face à l’inflation et les taux négatifs. Leurs meilleures options consistent à trouver un certain équilibre entre les taux d’intérêt les plus élevés disponible sur le marché et la perte de pouvoir d’achat, même si cela implique de transférer une partie de leurs liquidités de leur banque habituelle vers une offre de dépôt plus compétitive ailleurs.

La constitution d’un patrimoine consiste à choisir les meilleures opportunités disponibles, même lorsque l’évolution du marché présente de nouveaux obstacles. »

 

Les sources des recherches

Allemagne:                 Deutsche Bank, Commerzbank, HypoVereinsbank –                  biallo.de

Autriche:                     Erste Bank, Raiffeisenlandesbank Oberösterreich, Bawag –     biallo.at

Belgique:                     ING Belgium, KBC, Belfius Bank –                                                  spaargids.be

Espagne:                      Santander, BBVA, Caixabank –                                                       tucapital.es

France:                         BNP Paribas, Crédit Mutuel, Societe Generale –                         francetransactions

Irlande:                         Bank of Ireland, Allied Irish Banks, Ulster Bank –                       ccpc.ie

Italie:                             UniCredit, Banca Monte dei Paschi di Siena, Mediobanca –     confrontaconti.it

Norvège:                      DNB, Danske, Nordea –                                                                    finansportalen.no

Pays-Bas:                      RaboBank, ING, ABN –                                                                      geld.nl, spaarrente.nl

Pologne:                        PKO Bank Polski, Bank Pekao, mBank –                                        oprocentowanie.pl

Portugal:                        Novo Banco, BPI, BCP –                                                                   comparaja.pt

Royaume-Uni:               HSBC, Barclays, RBS –                                                                      which.co.uk

Suède:                            Nordea, SEB, Svenska Handelsbanken –                                       finansportalen.se

Banque de France, Rapport Projections macroéconomiques, 16 mars 2021

Éric Heyer, Entretien sur RTL, 31 mars 2021

La pandémie a fait chuter les taux d’intérêt les plus élevés –  intensifiant la tendance observée depuis des années

 

Dans son dernier rapport, la Banque de France (BdF) a publié des prévisions de croissance pour le moins optimistes, prévoyant un rebond de l’économie plus fort qu’anticipé, de 5,5% en 2021 (contre 5,9% prévu par l’OCDE), soit la plus forte croissance depuis 1973. La croissance attendue en France pour l’année, serait ainsi supérieure à celle prévue pour la Zone Euro par la BCE à 4% (dont 1,3% au second trimestre).

Les institutions monétaires, notamment la BdF, la Banque Centrale Européenne (BCE), la Réserve fédérale des Etats-Unis (FED), la Banque d’Angleterre et l’OCDE pointent toutes vers une reprise forte de l’activité économique à partir du deuxième semestre.

Un des moteurs de cette croissance escomptée serait la consommation des ménages à travers un regain de confiance des épargnants-consommateurs dans l ‘économie. Ce point a été particulièrement souligné par le Gouverneur de la Banque de France, «[L’épargne supplémentaire], sera au fur et à mesure du retour de la confiance, transformée en consommation, et c’est le premier soutien de l’activité.» Il est ainsi nécessaire de retrouver une confiance dans ses perspectives économiques et dans la politique sanitaire du gouvernement.

Cela n’est pas chose dite face aux incertitudes économiques et sanitaires auxquelles tous font face. L’épargne supplémentaire générée par la pandémie est estimée par la BdF à 110 milliards d’euros pour 2020 et devrait s’élever à plus de 55 milliards d’euros pour 2021.

La zone euro compte actuellement plus de 5 000 milliards d’euros sur des comptes à vue et 423 milliards d’euros dans des dépôts à terme. Ainsi, les Européens sont à risque de perdre des sommes considérables s’ils ne sont confrontés qu’à des taux bas et négatifs. Cette tendance à la baisse est visible depuis des années mais s’est fortement accentuée en 2020.

En cette période soutenue de taux bas, les épargnants européens ne doivent pas rester inactifs dans leur recherche de rentabilité. Face aux risques inflationnistes, ils subissent une perte de pouvoir d’achat. En France, l’inflation devrait se maintenir autour des 0,9%, une révision à la hausse par rapport à la publication de décembre de la BdF.

Notre analyse des dernières données de la BCE peut offrir un repère pour les épargnants-consommateurs qui cherchent à lutter contre l’inflation.

*L’écart cumulé entre l’épargne financière observée ou projetée et celle qui aurait été réalisée si les dépenses et les revenus des ménages avaient continué de croître depuis la fin 2019 sur leur rythme antérieur. 

 

ANALYSE DE RAISIN : COMPARAISONS

Il y a deux ans ce mois-ci, des taux d’intérêt supérieurs à 1% sur les dépôts des particuliers étaient disponibles dans les cinq plus grandes économies européennes (Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie et Espagne) ainsi qu’en Norvège et en Suède. En début d’année dernière, de tels taux étaient encore disponibles dans tous les pays mentionnés, à l’exception de la France, où les taux les plus élevés avaient chuté à 0,93%. Aujourd’hui, les consommateurs ne peuvent trouver des taux supérieurs à 1% qu’en Italie, en Suède et en Norvège. 

 

Comparaison des 3 plus grandes banques aux 3 meilleures offres du marché

 

  • Après avoir oscillé autour des 1% jusqu’à l’automne dernier, les taux d’intérêt les plus élevés disponibles en France, en Allemagne et en Espagne ont commencé à chuter fortement en octobre 2020 pour atteindre leurs niveaux actuels entre 0,5 et 0,75%.
  •  Le taux offert par les trois plus banques domestiques françaises considéré dans notre analyse a augmenté de 4 points de base après une chute significative en février.
  • Quant aux taux les plus élevés disponibles au Royaume-Uni, ils ont enregistré une baisse d’un demi de pour cent entre le printemps 2019 et le printemps 2020, et ont perdu un demi de pour cent additionnel au cours de l’année dernière, à la suite de variations volatiles d’un mois à l’autre, pour désormais atteindre 0,597%.
  • Similairement au Royaume-Uni, les meilleures offres disponibles sur le marché Italien ont considérablement baissé entre le printemps 2019 et le printemps 2020. Par la suite, l’Italie a suivi la tendance de l’Europe continentale, perdant encore quelques dixièmes de pour cent depuis l’été, mais son taux actuel de 0,133% est un nouveau taux plancher.
  • Les taux d’intérêt des plus grandes banques du continent restent inchangés, avec seulement des variations fractionnaires au cours des deux dernières années et peu d’exceptions (le Royaume-Uni en étant une, passant de 0,77% au printemps 2019 à 0,107 % aujourd’hui).

 

Meilleures offres à 1 an et à 3 ans

Malgré la baisse ou la stagnation des meilleures offres disponibles sur la plupart des marchés européens, les taux les plus élevés proposés aux consommateurs d’un marché à l’autre (hors offres Raisin) restent tout de même intéressants.

Particulièrement en raison des fortes augmentations des flux d’épargne nets dans les pays du Benelux, en France et en Italie par rapport à l’année dernière à la même période. En revanche, l’Allemagne et l’Espagne ont vu leurs flux d’épargne diminuer par rapport à 2020 – cela pouvant être le résultat des taux extrêmement bas sur ces marchés, visibles dans les graphiques de la BCE ci-dessous.

 

 

  • Tout comme les mois précédents, les meilleures offres disponibles à court et long terme, sont restées en moyenne stables ce mois-ci ou ont légèrement baissé sur quelques marchés.
  • La France, les Pays-Bas et l’Irlande n’enregistrent aucun changement.
  • L’Italie et la France se distinguent par des écarts relativement importants entre les taux d’intérêt à 1 et à 3 ans, de près d’un demi de pour cent sur les deux marchés.
  • Au Royaume-Uni, au Portugal, aux Pays-Bas et en Suède, l’écart est de quelques dixièmes de pour cent.
  • Quant aux autres marchés, la différence de rendement entre les meilleurs taux à 1 an et à 3 ans est minimale, soulevant ainsi la question: souscrire à des dépôts à 3 ans valent-ils le risque si les taux remontent, ne serait-ce que de 0,1 ou 0,2 points en un an?
  • Afin de se préserver de l’inflation et de tout risque de hausse des taux à court terme, il peut être judicieux de privilégier une épargne à moyen terme auprès des banques européennes qui offrent des taux à 3 ans nettement supérieurs aux taux à 1 an et/ou des taux à 3 ans supérieurs à 1%.
  • L’Espagne continue de faire figure d’exception, avec les meilleures offres disponibles à 1 an étant toujours supérieures à celles à 3 ans.

 

DONNÉES FÉVRIER 2021 DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES PARTICULIERS

Selon les dernières données de la BCE, douze marchés de la zone euro présentent des taux d’intérêt moyens pour les particuliers inférieurs à 0,2%. Seuls quatre pays présentent des taux moyens supérieurs à 0,5%. L’Allemagne s’est remise pour l’instant de son plongeon en territoire négatif à la fin de 2020, remontant légèrement avec l’Italie, tandis que les taux moyens en France et au Royaume-Uni ont diminué.

Taux d’intérêt moyen des nouveaux dépôts, ménages privés; maturités ≤ 1 an, données de la BCE. Note : Les données de la Banque centrale néerlandaise concernant les dépôts à terme d’une durée inférieure ou égale à un an comprennent un « dépôt de construction » spécifique au pays, dont les taux moyens sont plus élevés que ceux des dépôts à vue et à terme.

 

  • Après avoir enregistré une forte augmentation du taux d’intérêt moyen le mois précédent (de 27 points de base), la France a perdu 8 points de base entre janvier et février.
  • De même pour le Royaume-Uni, la Belgique et l’Autriche qui ont perdu respectivement 7, 5 et 4 points de base.
  • Quant à l’Italie, l’Irlande et même l’Allemagne, ils ont connu une hausse au mois de février, avec une augmentation du taux d’intérêt moyen de 12, 10 et 4 points de base respectivement.
  • En Espagne, les taux restent à 0,01% pour le troisième mois consécutif.
  • Il convient de noter que parmi les pays de la zone euro, la France a enregistré la chute la plus marquée de ses taux moyens (derrière l’Italie), en comparaison à l’année dernière à la même période – juste avant que la pandémie ne s’abatte sur l’économie mondiale – perdant ainsi 32 points de base.

 

DONNÉES FÉVRIER 2021  DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES ENTREPRISES

Les taux d’intérêt des entreprises continuent en moyenne de baisser dans la zone euro, malgré des hausses sur certains marchés, notamment l’Italie, l’Autriche et l’Espagne.Taux d’intérêt moyen pour les nouveaux dépôts des entreprises, avec une  échéance ≤ 1 an, statistiques de la zone euro.

 

  • L’Allemagne et la France se retrouvent aujourd’hui à -0,26% et -0,13% respectivement, atteignant presque le même niveau qu’il y a un an (-0,25% et -0,10%).
  • La France a plongé en territoire négatif, enregistrant la diminution la plus importante (23 points de base) depuis près d’un an.
  • Les Pays-Bas, l’Espagne et l’Irlande ont connu une baisse plus marquée au cours de l’année, bien qu’ils se soient situés sous la barre des zéro pendant toute cette période.
  • L’Italie, qui fait figure d’exception, est passée d’un taux d’intérêt moyen pour les entreprises de -0,23 en février 2020 à 0,44% en février 2021.

 

Les sources des recherches

Allemagne:                 Deutsche Bank, Commerzbank, HypoVereinsbank –                  biallo.de

Autriche:                     Erste Bank, Raiffeisenlandesbank Oberösterreich, Bawag –     biallo.at

Belgique:                     ING Belgium, KBC, Belfius Bank –                                                  spaargids.be

Espagne:                      Santander, BBVA, Caixabank –                                                       tucapital.es

France:                         BNP Paribas, Crédit Mutuel, Societe Generale –                         francetransactions

Irlande:                         Bank of Ireland, Allied Irish Banks, Ulster Bank –                       ccpc.ie

Italie:                             UniCredit, Banca Monte dei Paschi di Siena, Mediobanca –     confrontaconti.it

Norvège:                      DNB, Danske, Nordea –                                                                    finansportalen.no

Pays-Bas:                      RaboBank, ING, ABN –                                                                      geld.nl, spaarrente.nl

Pologne:                        PKO Bank Polski, Bank Pekao, mBank –                                        oprocentowanie.pl

Portugal:                        Novo Banco, BPI, BCP –                                                                   comparaja.pt

Royaume-Uni:               HSBC, Barclays, RBS –                                                                      which.co.uk

Suède:                            Nordea, SEB, Svenska Handelsbanken –                                       finansportalen.se

BCE, Projections macroéconomiques, Mars 2021

Banque de France, RTL « Nous prévoyons un retour au niveau d’activité pré-Covid au printemps de 2022 », 16 mars 2021

Banque de France, Rapport Projections macroéconomiques, 16 mars 2021

Double punition pour les épargnants européens, les banques baissent les taux d’intérêt et réduisent la gamme de produits offerts 

Les épargnants français ne sont guère épargnés et recherchent de meilleures perspectives.

 

 

Le durcissement des mesures sanitaires pour endiguer l’épidémie au cours des derniers mois, continue de peser lourdement sur l’activité économique. Depuis mars 2020, les plus grandes banques européennes, que nous suivons à travers notre analyse mensuelle de l’épargne, n’ont cessé de  baisser leurs taux. Seules les banques belges semblent faire exception. Selon notre analyse, les taux d’intérêt disponibles les plus élevés sur les marchés européens ont perdu jusqu’à 50% au cours de l’année dernière avec la Norvège, la Pologne et la France étant les pays les plus touchés. Cela laisse les épargnants avec peu d’espoirs quant aux perspectives économiques futures, la possibilité de préserver leur pouvoir d’achat ou de se constituer une épargne rémunératrice.

Cela semble être confirmé par les projections macroéconomiques de la Banque de France publiées le 16 Mars. En effet, le surplus d’épargne financière* en France devrait continuer à augmenter pour atteindre «un pic autour des 165 milliards d’euros fin 2021» contre 110 milliards en fin 2020. Cependant, la Banque de France prévoit aussi que la consommation des ménages français (actuellement 6% inférieure à l’année dernière) augmente fortement au second semestre 2021 parallèlement à la levée des restrictions sanitaires. Selon leurs projections, cela entraînerait une réduction significative de l’épargne en fin d’année, afin de passer courant 2022 à un niveau inférieur à celui d’avant la pandémie.

Malheureusement pour l’épargnant-consommateur, les banques européennes réduisent non seulement les taux offerts mais aussi la gamme de produits d’épargne. Dans ce contexte, il devient particulièrement important pour l’épargnant-consommateur d’être encore plus actif dans sa recherche d’une épargne rémunératrice en faisant jouer la concurrence.

Aussi, il est important qu’il acquiert une culture financière, afin d’éviter de devenir une victime de fraudeurs potentiels qui souhaiteraient profiter de ce contexte. Malheureusement, l’épargnant-consommateur français ne se distingue pas à cet égard vis-à-vis de ses voisins européens (voir Analyse mensuelle de janvier). La Banque de France en a bien conscience, et organise à cet égard des formations, la prochaine en date étant celle de la semaine du 22 au 28 mars sur le thème « Prenez soin de vous et de votre argent».

*L’écart cumulé entre l’épargne financière observée ou projetée et celle qui aurait été réalisée si les dépenses et les revenus des ménages avaient continué de croître depuis la fin 2019 sur leur rythme antérieur. 

 

ANALYSE DE RAISIN : COMPARAISONS

  • L’année, marquée par la pandémie, a provoqué la chute des taux d’intérêt les plus élevés en Europe jusqu’à 50%.
  • Le taux d’intérêt moyen en Allemagne, après avoir été négatif en décembre, se hisse à nouveau au-dessus de la barre des zéro.
  • Les plus grandes banques espagnoles ne proposent plus aucun dépôt à terme fixe.
  • Les consommateurs européens disposent désormais de plus de 5 000 milliards d’euros sur des comptes à vue ou sur des comptes courants.
  • Katharina Lueth, experte bancaire de Raisin, VP Raisin Europe et présidente de Raisin UK, explore le lien potentiel entre le volume d’épargne et les taux bas.

 

Comparaison des 3 plus grandes banques aux 3 meilleures offres du marché

 

 

  • Au sein de la zone euro, le taux moyen des trois plus grandes banques en Allemagne, en France et en Autriche continue sa baisse depuis octobre. Le taux offert par les trois banques domestiques françaises considéré dans notre analyse a diminué de 117 points de base, soit de -58,5% en 5 mois pour atteindre 0,083%.
  • En dehors de la zone euro, les taux des grandes banques au Royaume-Uni, en Suède et en Norvège ont également baissé.
  • Les taux sont restés stables, bien que faibles, dans les grandes banques italiennes, espagnoles, portugaises, belges, hollandaises et irlandaises.
  • Les taux les plus élevés disponibles dans chacun de ces marchés restent toujours un multiple de celui offert par les plus grandes banques domestiques. Par exemple, un épargnant-consommateur portugais peut placer son épargne auprès d’une institution qui offre jusqu’à 24 fois le taux de sa banque domestique. En France, ce multiple est de 6x.
  • L’Allemagne détient toujours le record du plus grand multiple avec 164x entre les taux d’intérêt de ses grandes banques et les meilleures offres de dépôt du pays.

Remarque: En devenant plus actif et exigeant vis-à -vis de son épargne, l’épargnant-consommateur peut trouver une épargne rémunératrice. D’ailleurs, grâce au marché unique des services bancaires et financiers, il peut bénéficier des offres de banques européennes, plus compétitives que celles de sa banque domestique.

 

Meilleures offres à 1 an et à 3 ans

Les taux d’intérêt sur trois ans sont, comme le voudrait la logique, plus élevés que ceux sur un an dans toute l’Europe, sauf en Espagne. Au sein de la zone euro, seules la France et l’Italie affichent des taux moyens supérieurs à 1% sur 3 ans. 

 

 

  • Une poignée de pays, dont l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, ont vu les taux d’intérêt les plus élevés baisser de manière généralisée pour les offres à 1 an et 3 ans.
  • L’autre moitié des marchés que nous avons étudiés, notamment l’Espagne, l’Irlande, l’Italie et la Belgique, n’ont connu aucun mouvement sur leurs taux.
  • La France continue à enregistrer l’écart le plus important entre les meilleurs taux offerts à 1 an et à 3 ans, un facteur à prendre en compte par les épargnants.
  • Il n’y a qu’en Espagne que les offres les plus élevées sur 1 an (0,733%) sont supérieures aux taux sur 3 ans (0,673%). Cette observation demanderait davantage d’analyse pour comprendre cette inversion de la courbe des taux et voir si elle reflète un manque de perspectives de croissance macroéconomiques. D’autant plus, que les trois plus grandes banques domestiques ne proposent plus de dépôts à terme d’un an ou moins.

Remarque: Au cas où l’Espagne servirait de précédent pour les perspectives économiques de ses voisins, il peut être judicieux pour l’épargnant-consommateur de considérer une épargne à moyen terme, au cas où les taux à 3 ans baisseraient.

 

DONNÉES JANVIER 2021 DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES PARTICULIERS

Les dernières données officielles de la BCE confirment les indications que nous avions données dans notre analyse de l’épargne du mois de janvier. En indiquant que la plupart des pays de la zone euro ont commencé l’année 2021 avec un très léger rebond des taux d’intérêt des particuliers, notamment en France. Cette hausse s’aligne avec le regain de l’inflation qui, selon de nombreux analystes, est désormais due à des facteurs économiques idiosyncratiques et temporaires liés à la pandémie (la fin de la réduction temporaire de la TVA en Allemagne, le report des périodes de soldes, la hausse des prix de l’énergie…).

 

Taux d’intérêt moyen des nouveaux dépôts, ménages privés; maturités ≤ 1 an, données de la BCE. Note : Les données de la Banque centrale néerlandaise concernant les dépôts à terme d’une durée inférieure ou égale à un an comprennent un « dépôt de construction » spécifique au pays, dont les taux moyens sont plus élevés que ceux des dépôts à vue et à terme.

 

  • En janvier, la France a enregistré un des taux d’intérêts moyens les plus élevés de la zone euro (uniquement devancé par les Pays-Bas et l’Italie) à hauteur de 0,55%. Cela se traduit par une hausse de 27 points de base depuis le mois précédent.
  • En Allemagne, les taux continuent de flirter avec le niveau des 0% des taux d’intérêt.
  • En dehors de la zone euro, la Suède et le Royaume-Uni ont tous deux progressé de 3 points de base pour atteindre les moyennes respectives de 0,54% et 0,38%.
  • Les taux en Europe de l’Est et au Danemark ont quant à eux significativement plongé de -12 à -23 points de base.

Depuis janvier 2020, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et la France, ont néanmoins subi de fortes baisses, de -11 à -62 points de base. Cette dernière avait un taux d’intérêt des particuliers de 0,81% en janvier 2020 contre 0,55% en janvier 2021.

 

DONNÉES JANVIER 2021 DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES ENTREPRISES

Malgré une augmentation de 25% du taux moyen des entreprises dans l’ensemble de la zone euro, neuf de ses marchés imposent désormais un intérêt négatif aux dépôts des entreprises. Sur les 28 pays étudiés et selon les dernières données de la BCE, 21 d’entre eux ont des taux moyens égaux ou inférieurs à 0,1%.

 

Taux d’intérêt moyen pour les nouveaux dépôts des entreprises, avec une  échéance ≤ 1 an, statistiques de la zone euro.

 

  • La France continue à légèrement augmenter depuis le mois de novembre, affichant un taux d’intérêt des entreprises moyen de 0,10%.
  • L’Espagne a perdu de son attractivité, chutant de -0,34% sur les dépôts des entreprises, soit le taux d’intérêt moyen le plus bas de la zone euro.
  • L’Allemagne et les Pays-Bas ont remonté la pente après avoir enregistré des niveaux record le mois dernier, pour atteindre respectivement -0,23% et -0,18%.
  • L’Italie (0,32%) et Malte (0,77%) ont toutes deux enregistré des hausses et continuent de présenter les taux d’intérêt des entreprises les plus élevés de la zone euro.

La grande majorité des économies de la zone euro ont connu une baisse de leur taux d’intérêt moyen des entreprises depuis janvier 2020, avec pour seules exceptions la France et Malte.

 


Katharina Lueth, vice-présidente de Raisin pour l’Europe et présidente de Raisin UK, nous explique l’impact de l’accumulation de liquidités dans les grandes banques:

«Les taux d’intérêt historiquement bas des plus grandes banques européennes, ainsi que la baisse des taux des meilleures offres disponibles, sont de mauvais augures pour les déposants européens. 

Selon les dernières données de la BCE, les épargnants-consommateurs de la zone euro auraient privilégié la liquidité de leur épargne avant sa rentabilité. En effet, l’année 2021 a débuté avec un volume d’épargne supplémentaire de 14% (un total d’environ 5 000 milliards d’euros) par rapport à janvier 2020. Cette épargne a trouvé refuge sur les comptes à vue et les comptes courants alors que le volume des comptes à terme les plus populaires (ceux d’une durée inférieure à deux ans) a baissé de 13% pour la même période. Ces derniers ne représentant plus que 427 milliards d’euros au total. 

Les faibles taux d’intérêt et l’incertitude économique ont poussé les épargnants-consommateurs à ne pas investir dans des dépôts à terme. Ce n’est pas sans conséquences financières pour les banques qui, se retrouvant dans une situation d’excès de liquidités par manque d’activité économique, se retrouvent pénalisées par la BCE et sa politique de taux d’intérêts négatifs. Les banques cherchent à répercuter cette conséquence sur les clients.»

Nous vous invitons à consulter l’analyse mensuelle de l’épargne de novembre 2020, intitulée Une tendance des taux d’intérêt défavorable et des comportements d’acteurs économiques, qui placent les banques entre le marteau et l’enclume.

 

Les sources des recherches

Allemagne:                 Deutsche Bank, Commerzbank, HypoVereinsbank –                  biallo.de

Autriche:                     Erste Bank, Raiffeisenlandesbank Oberösterreich, Bawag –     biallo.at

Belgique:                     ING Belgium, KBC, Belfius Bank –                                                  spaargids.be

Espagne:                      Santander, BBVA, Caixabank –                                                       tucapital.es

France:                         BNP Paribas, Crédit Mutuel, Societe Generale –                         francetransactions

Irlande:                         Bank of Ireland, Allied Irish Banks, Ulster Bank –                       ccpc.ie

Italie:                             UniCredit, Banca Monte dei Paschi di Siena, Mediobanca –     confrontaconti.it

Norvège:                      DNB, Danske, Nordea –                                                                    finansportalen.no

Pays-Bas:                      RaboBank, ING, ABN –                                                                      geld.nl, spaarrente.nl

Pologne:                        PKO Bank Polski, Bank Pekao, mBank –                                        oprocentowanie.pl

Portugal:                        Novo Banco, BPI, BCP –                                                                   comparaja.pt

Royaume-Uni:               HSBC, Barclays, RBS –                                                                      which.co.uk

Suède:                            Nordea, SEB, Svenska Handelsbanken –                                       finansportalen.se

Banque de France, Projections macroéconomiques, 16 mars 2021

Banque de France, Semaine de l’éducation financière, 15 mars 2021

BCE, Declaration Introductive, 11 mars 2021

L’alarme sonne pour les épargnants:

le taux d’intérêt moyen des particuliers descend sous la barre des 0% sur le premier marché européen

 

 

La situation actuelle se traduit par des taux au plus bas, un pessimisme général du grand public quant aux perspectives économiques et une hausse de l’inflation. Des faits peu encourageants qui ont été régulièrement abordés ces derniers mois mais qui sont essentiels à considérer pour tout épargnant à la recherche d’une meilleure rentabilité.

Les consommateurs et les entreprises sont confrontés à la perspective de payer des pénalités importantes. Selon la dernière analyse de Raisin, le taux d’intérêt moyen offert en Allemagne est inférieur à zéro, l’Espagne se situe au seuil du zéro et les Français ne font pas exception avec un taux moyen extrêmement bas. Ceux-ci sont en partie protégés par les taux de rendement, même faibles mais garantis par le gouvernement à travers les livrets réglementés (Livret A, LDDS..). Cependant, si on prend en compte les derniers chiffres de l’inflation annoncée par la BCE à savoir 0,9% pour le premier trimestre 2021, l’épargnant européen subit une perte de pouvoir d’achat réelle.

L’épargnant européen risque d’être doublement pénalisé, entre d’une part des taux de rendements inférieurs à l’inflation et d’autre part, la possibilité d’avoir à payer des frais sur leur compte courant et leur compte d’épargne. En effet, la plupart des banques domestiques sont excédentaires en termes de liquidités et subissent une « pénalité » de la BCE lorsqu’elles placent cet excédent auprès de cette dernière (Analyse mensuelle de janvier). Ce phénomène est d’autant plus accentué par le comportement des ménages qui, face à la crise sanitaire, thésaurisent ou consacrent une plus grosse partie de leur budget à l’épargne (L’Europe ou le royaume de l’argent mort-vivant). L’encours du Livret A et du LDDS ont explosé pour atteindre près de 450 milliards d’euros à la fin de 2020 d’après la Caisse des Dépôts et Consignation.

Pour compenser ces lourdes charges, certaines banques notamment en Suisse, Allemagne, Danemark, les Pays-Bas et Italie ont commencé à répercuter les coûts sur leurs clients. Certaines banques françaises privées ont également suivi cette tendance mais cette problématique est bien plus complexe pour les banques commerciales qui facturent déjà des frais de tenue de comptes et craignent la concurrence si elles étaient seules à appliquer cette politique. Aussi, elles doivent s’assurer que leurs systèmes informatiques et opérationnels permettent l’application de taux d’intérêt négatif dans le calcul des intérêts et du capital à rembourser.

Cependant, avant toute action, il est aussi nécessaire pour les banques de s’assurer que le cadre réglementaire permettrait l’application d’un taux d’intérêt négatif. D’après un rapport de la Banque de France sur les taux d’intérêt négatif (Rapport sur la problématique des taux d’intérêts négatifs, 2017), «le code civil envisage uniquement les flux de l’emprunteur vers le prêteur et non l’inverse. Une telle pratique des taux d’intérêts négatifs serait susceptible de remettre en cause cette analyse classique en droit civil.» Bien sûr, le cadre réglementaire peut évoluer. A défaut, il existe aussi des solutions alternatives, comme l’application de frais de gestion.

Dans ce contexte, des questions prévalent: quel sera l’impact de la hausse de l’inflation à la vue des dernières estimations de la BCE? Tout particulièrement dans un contexte de taux d’intérêt continuellement bas? Pourquoi si peu d’Européens ne profitent pas davantage du marché unique des services bancaires et financiers, et de la libre circulation des capitaux en Europe pour exploiter les arbitrages et la concurrence entre les banques européennes? Le Dr Tamaz Georgadze, fondateur et directeur général de Raisin aborde ces questions en fin d’analyse, en s’appuyant notamment sur les résultats de la dernière étude de la BCE intitulée «La BCE à votre écoute».

 

ANALYSE DE RAISIN : COMPARAISONS

Comparaison des 3 plus grandes banques aux 3 meilleures offres du marché

 

*Réaliser un ratio entre la moyenne des grandes banques espagnoles à 0% et les offres les plus élevées à 0,733% est mathématiquement impossible mais 733 reflète au mieux la situation réelle.

 

  • L’écart entre les taux d’intérêt les plus bas et les taux les plus élevés d’un marché à l’autre sur le continent est resté élevé, avec les meilleurs taux allemands étant toujours plus de 200 fois supérieurs aux taux de ses trois plus grandes banques domestiques.
  • Quant aux meilleurs taux disponibles sur le marché français, ils persistent à des niveaux 4 fois plus élevés que ceux des plus grandes banques domestiques françaises.
  • Seuls l’Irlande et la Suède ont vu leurs taux d’intérêt bancaires varier, avec une légère baisse au cours du mois dernier.
  • Les quatre plus grandes économies européennes ont toutes des taux d’intérêt moyens proches des taux d’inflation officiels (et d’après nos observations, si les consommateurs explorent plus ardemment ces offres, ils trouveront des alternatives supérieures à l’inflation).
  • Les Européens qui ont la possibilité de placer leur argent en Suède ou en Italie, par exemple, peuvent bénéficier d’un taux d’intérêt nominal de 1,27% et 1,07% p.a respectivement (net d’inflation, cela correspond à un taux réel compris entre 0,2% et 0,8% en fonction de leur pays de résidence).

 

Meilleures offres à 1 an et à 3 ans

Pour les consommateurs qui cherchent à lutter contre l’inflation par des intérêts cumulés sur une plus longue période, la France, le Portugal, la Pologne, la Norvège, la Suède et l’Italie sont les pays à considérer, tous avec des taux d’intérêt parfois bien supérieurs à 1% p.a. sur les dépôts à 3 ans. Nous pourrions également inclure la République Tchèque et les pays baltes bien qu’ils ne figurent pas dans cette liste. Les meilleures offres de l’Estonie sur des durées de 3 ans se situent en moyenne à 1,933% p.a. selon les analyses de Raisin.

 

 

  • Les taux d’intérêt les plus élevés sur les dépôts d’une durée d’un an et moins ont baissé en moyenne dans toute l’Europe Occidentale (Pays-Bas, Belgique, France, Portugal et l’Italie, l’Espagne faisant exception).
  • Pour la première fois, la France enregistre l’écart le plus important entre les meilleurs taux à 1 an et à 3 ans, devançant ainsi l’Italie.
  • La Belgique, le Portugal, l’Italie et la Pologne, ainsi que la Norvège et la Suède, ont également enregistré des baisses de leurs taux d’intérêt sur les dépôts à terme de 3 ans.
  • Le Royaume-Uni fait exception, avec une hausse combinée de ses taux à 1 an et à 3 ans.
  • Il est par conséquent valable de se poser la question de si l’épargnant ne devrait pas se positionner sur des comptes d’épargne à moyen terme pour bénéficier d’un taux de rendement plus élevé et d’une protection de son pouvoir d’achat dans un cadre de risques inflationnistes.

 

DONNÉES DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES PARTICULIERS

Pour la première fois, les données de la BCE affichent un pays européen (de fait plusieurs) avec un taux moyen négatif pour les particuliers. Le taux d’intérêt moyen allemand sur les dépôts à un an ou moins est passé sous la barre des zéro, à -0,01%. Le Danemark et le Luxembourg voient leurs taux chuter encore plus bas, à -0,14% et -0,22% respectivement, bien que la volatilité des taux d’intérêt dans ces deux pays suggère qu’ils pourraient atteindre un seuil positif bien plus tôt que l’Allemagne.

 

Taux d’intérêt moyen des nouveaux dépôts, ménages privés; maturités ≤ 1 an, données de la BCE. 

 

  • Dans la zone euro, seuls l’Italie, les Pays-Bas et Malte restent au-dessus de 0,5% (bien que la moyenne néerlandaise soit soutenue par des comptes de construction subventionnés). En dehors de la zone euro, la situation n’est guère plus encourageante, avec seules la Pologne, la Suède et la Roumanie se maintenant au-dessus de 0,5%.
  • Alors que la France, l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont tous enregistré une baisse significative, une petite poignée de pays ont connu des augmentations, notamment l’Italie, l’Autriche, la Belgique, la Finlande, la Suède et la Pologne.
  • La France a enregistré la diminution la plus importante (-45%) de ces derniers mois: -45% ce qui se traduit par -23 points de base ce mois-ci contre -1 point de base en janvier.
  • Le taux de détail en Espagne est retombé à 0,01% après avoir augmenté d’un dixième de pourcent au cours des derniers mois.

Les données de la BCE confirment l’analyse de Raisin ci-dessus.

 

DONNÉES DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES ENTREPRISES

Il semblerait y avoir un consensus pour vouloir préserver les épargnants individuels et les PME, contrairement aux grandes entreprises. Les taux négatifs pèsent lourdement sur ces dernières, puisque dix pays, dont l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Irlande ont aujourd’hui en moyenne des taux d’intérêt négatifs pour elles.

Les Pays-Bas devance dorénavant l’Allemagne sur le podium peu enviable d’offrir les taux d’intérêt les plus bas de la zone euro, à savoir -0,43%, à leurs entreprises.

 

Taux d’intérêt moyen pour les nouveaux dépôts des entreprises, avec une  échéance ≤ 1 an, statistiques de la zone euro.

 

  • La France présente une augmentation importante depuis le mois précédent  et a atteint un taux d’intérêt offert aux entreprises similaire à décembre dernier, 6 points de base.
  • Les taux d’intérêt allemands continuent de s’enfoncer dans la zone rouge, en offrant aux entreprises -0,42%, contre -0,37% le mois dernier.
  • Les entreprises autrichiennes, italiennes, irlandaises, suédoises ou bien danoises paient également en moyenne des taux négatifs.
  • Il semblerait qu’il n’y a pas d’échappatoire à la perte de pouvoir d’achat face à l’inflation, sauf si elles sont prêtes à se tourner vers des banques domiciliées dans les pays baltes et d’Europe de l’Est.

 

 

 

Dr. Tamaz Georgadze, fondateur et directeur général de Raisin:

«Selon l’enquête de la BCE auprès des consommateurs «La BCE à votre écoute», les Européens ont commencé à faire preuve d’un profond pessimisme financier après une décennie de taux d’intérêt bas et continuellement en baisse. L’étude (bien qu’elle ne soit pas représentative) révèle une frustration généralisée face à la faiblesse des taux, ainsi qu’une peur croissante de l’inflation, notamment à cause des prix de l’immobilier. Cette anxiété renforce les conclusions d’un sondage mené par Raisin en mars 2020 sur les attitudes des épargnants-consommateurs européens à l’égard des taux d’intérêt. Le confinement pourrait renforcer ce pessimisme envers l’avenir, il ne faudrait pas que ce dernier s’enracine et change de manière permanente le comportement des acteurs économiques. 

Bien que la BCE défende l’efficacité économique des taux bas et que les objectifs d’inflation de 2% aient leur mérite, les Européens doivent s’assurer d’atteindre un minimum d’objectifs financiers de base tels qu’assurer leurs propres retraites. Au-delà des mesures de politique publique nécessaires, deux failles doivent être comblées pour éviter que s’installe ce pessimisme et que l’épargnant-consommateur continue à travailler pour atteindre ses objectifs à long terme. La première, est un manque de connaissances financières (notamment en France*). La deuxième est l’inégalité face à l’accès et à l’emploi des outils numériques. La réalisation d’un marché unique européen nécessite que l’épargnant-consommateur se familiarise avec les outils technologiques afin de profiter des services bancaires numériques et des offres transfrontalières.»

*Raisin a abordé la thématique lors de l’analyse précédente que nous vous invitons à consulter.

 

 

Les sources des recherches:

Allemagne:                   Deutsche Bank, Commerzbank, HypoVereinsbank –             biallo.de

Autriche:                       Erste Bank, Raiffeisenlandesbank Oberösterreich, Bawag – biallo.at

Belgique:                      ING Belgium, KBC, Belfius Bank –                                               spaargids.be

Espagne:                      Santander, BBVA, Caixabank –                                                    tucapital.es

France:                         BNP Paribas, Crédit Mutuel, Societe Generale –                      francetransactions

Irlande:                        Bank of Ireland, Allied Irish Banks, Ulster Bank –                     ccpc.ie

Italie:                            UniCredit, Banca Monte dei Paschi di Siena, Mediobanca –   confrontaconti.it

Norvège:                      DNB, Danske, Nordea –                                                                finansportalen.no

Pays-Bas:                     RaboBank, ING, ABN –                                                                  geld.nl, spaarrente.nl

Pologne:                       PKO Bank Polski, Bank Pekao, mBank –                                   oprocentowanie.pl

Portugal:                       Novo Banco, BPI, BCP –                                                              comparaja.pt

Royaume-Uni:              HSBC, Barclays, RBS –                                                                 which.co.uk

Suède:                           Nordea, SEB, Svenska Handelsbanken –                                 finansportalen.se

La zone euro, synonyme de «ground zero»?

Les épargnants des plus grandes banques européennes ne gagnent rien ou très peu à travers toute l’Europe. Les taux d’épargne ont atteint un niveau plancher qui n’est pas infaillible.

 

 

Dans ce cadre là, les épargnants sont désarçonnés, voire désorientés.

 

La clôture tant attendue de l’année 2020 laissera derrière elle des mois durement marqués par un contexte de crise sanitaire et économique. L’année a été caractérisée par un surcroît d’épargne pour les ménages français (lié à la constitution d’une épargne de précaution et peu d’opportunités de dépenses), un phénomène prévisible traduisant l’incertitude générale. Selon une étude de l’Autorité des Marchés Financiers (déc 2020), les préférences des épargnants français pour les placements garantis ont peu évolué au cours de l’année, avec plus de la moitié privilégiant les placements dénués de tout risque malgré des rendements très faibles. Cela est mis en évidence par les résultats publiés par la Caisse des Dépôts qui a enregistré une collecte record en 2020 pour l’emblématique livret A, malgré son taux faible (0.5% pa), légèrement en deçà du niveau d’inflation attendu en 2020. Cela illustre le ‘grand conservatisme’ de la part des français.

Il est également important de souligner le décalage entre les attentes des épargnants français et les réalités du marché. Selon l’AMF, seuls 3 français sur 10 ont correctement évalué le taux d’intérêt du livret A. De nombreux français semblent démunis face à ces notions financières, avec notamment 53% qui considèrent qu’un rendement minimal satisfaisant pour un placement garanti se situe à plus de 3% par an. Une attente pour le moins irréaliste ne correspondant pas à la situation économique actuelle et à la politique interventionniste de la Banque Centrale Européenne (diminution des taux d’intérêt et injections de liquidités). Cela illustre bien le manque de connaissances financières de l’épargnant français par rapport à ses voisins européens, un sujet que nous avions abordé dans notre analyse mensuelle de décembre et que nous vous invitons à consulter.

Aussi, ce manque de repères avec les réalités du marché financier pourrait être mis en avant lors de la publication des performances des assurances-vie fonds euro durant les prochaines semaines. L’épargnant français pourrait alors se trouver surpris, désarçonné et voire même déboussolé. Nous vous invitons à consulter nos réflexions sur la performance 2020 de l’Assurance Vie Fonds Euro, jusqu’alors considéré un placement ‘refuge’ mais qui perd fortement de son attractivité.

Par ailleurs, les épargnants français les plus aisés sont déjà ramenés à cette réalité, en voyant leurs banques facturer leurs dépôts. Certaines banques privées (UBS France, Lombard Odier) répercutent sur certains clients particuliers les charges lourdes liées aux surplus de liquidités imposés par les taux de dépôt négatifs de la BCE. Dans le segment de la clientèle retail, la néo-banque N26 vient de créer un précédent en taxant à 0.5% les comptes courants excédents 50 000€. Cela n’affecte actuellement qu’une proportion limitée des épargnants, mais laisse la porte ouverte aux autres banques françaises plus traditionnelles.

Malgré leur réticence historique à faire jouer la concurrence et à exploiter les arbitrages disponibles dans les taux en France et à travers l’Europe, l’épargnant français devrait devenir plus actif dans sa recherche de rentabilité soutenue par des intermédiaires tel que Raisin.

Notre analyse des dernières données de la BCE peut offrir un repère pour les épargnants qui souhaitent prendre leur épargne en main en 2021 et qui cherchent à exploiter les offres de banques proposant des taux plus intéressants.

 

ANALYSE DE RAISIN : COMPARAISONS

Comparaison des 3 plus grandes banques aux 3 meilleures offres du marché

Alors que les taux d’intérêt pour les épargnants des plus grandes banques européennes ont poursuivi leur longue baisse, les taux d’intérêt les plus élevés offrent un tableau plus contrasté, atteignant des niveaux 4 fois plus élevés en France à plus de 200 fois en Allemagne. Les consommateurs des quatre pays les plus riches de la zone euro disposent actuellement de 6 323 mille milliards d’euros sous forme d’épargne, pouvant ainsi s’assurer un rendement sur leur argent s’ils le souhaitent.

L’Allemagne, la France et l’Italie ont toutes vu leurs meilleurs taux d’intérêt échapper à cette tendance à la baisse, tout au moins durant ce mois-ci. En effet, tandis que les taux d’intérêt des plus grandes banques de ces trois pays demeurent au plus bas, les écarts de taux continuent à se creuser, ce qui offre de nouvelles possibilités aux déposants de ces trois nations européennes.

 

 

  • Les plus grandes banques en Europe affichent des taux moyens compris entre 0 et 0,13%, à l’exception du Royaume-Uni (0,183 %) et de la Norvège (0,483 %).
  • Seule l’Allemagne a vu l’écart s’accroître considérablement entre les taux proposés par les banques allemandes et les meilleurs taux disponibles sur le marché. Ces derniers n’ont cessé d’augmenter, aux dépens de l’offre des banques allemandes.
  • Les pays scandinaves offrent les taux d’intérêt les plus élevés du continent, tandis que l’Irlande maintient les taux les plus bas.
  • Dans l’ensemble, le Royaume-Uni et l’Autriche ont vu leurs taux diminuer, et ce en considérant à la fois les meilleures offres du marché et les banques traditionnelles.

 

Meilleures offres à 1 an et à 3 ans

A travers le continent européen, les taux d’intérêt des dépôts à terme à trois ans les plus élevés ont également diminué. D’une part, les investisseurs semblent circonspects quant à l’éventualité d’une reprise économique après la pandémie. D’autre part, les banques européennes sont confrontées à une surliquidité suite à la hausse de l’épargne en 2020. Ce n’est qu’en Allemagne qu’on observe une augmentation des meilleurs taux d’intérêt disponibles à la fois pour les dépôts à terme à 1 et à 3 ans.

 

 

  • L’Italie et la Suède présentent les taux d’intérêt à 3 ans les plus élevés d’Europe, suivies de près par la Pologne et la Norvège.
  • Les meilleurs taux d’intérêt disponibles à 1 an ont augmenté en France, en Italie et en Suède, tandis que leurs taux à 3 ans ont baissé.
  • Quant à l’Autriche, l’Espagne, la Pologne, le Royaume-Uni et la Norvège, leurs taux à 3 ans ainsi qu’à 1 an ont baissé.
  • Tout comme les mois précédents, le marché espagnol reste l’exception avec des taux d’intérêts à 1 an supérieurs à ceux à 3 ans.
  • L’Italie présente l’écart le plus important entre les meilleurs taux disponibles à 1 an et à 3 ans. Il est particulièrement intéressant de relever que les taux d’intérêt à 3 ans sont parmi les plus élevés en Europe. Cela pourrait peut-être refléter les incertitudes politiques actuelles en Italie, ainsi qu’une exigence plus forte des marchés de capitaux envers l’Italie.

 

DONNÉES DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES PARTICULIERS

Selon les dernières données de la BCE, il y a eu peu de changement dans l’ensemble du continent. Dix-huit des vingt-huit pays européens, dont l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France, ont vu leurs taux d’intérêt moyens pour les particuliers évoluer de 3 points de base ou moins.

En comparant novembre 2020 à novembre 2019, on constate que l’année a été très volatile sur l’ensemble des marchés. La France, subissant une diminution de -37%, ne fait pas exception.

 

Taux d’intérêt moyen des nouveaux dépôts, ménages privés; maturités ≤ 1 an, données de la BCE. 

 

  • 12 pays dont la France n’ont enregistré aucun changement ou seulement d’un point de base en moyenne ce mois-ci.
  • Les baisses de taux d’intérêt les plus importantes ont été enregistrées en Italie, en Lettonie et en Slovaquie, où les taux ont été jusqu’alors relativement élevés.
  • L’Espagne, la Belgique et le Danemark ont tous connu des augmentations significatives (de 10 à 30 points de base), bien que leurs taux n’aient atteint que 0,11% (Espagne et le Danemark) et 0,28% (Belgique).

 

DONNÉES DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES ENTREPRISES

Avec seulement de légers changements par rapport aux données de la BCE du mois dernier, les entreprises de neuf nations européennes continuent à payer en moyenne des intérêts négatifs pour leurs dépôts, totalisant 3,11 mille milliards d’euros dans la zone euro en novembre 2020.

En France, les taux d’intérêts offerts aux entreprises restent positifs mais ont diminué de 5 points de base (soit -83%) par rapport au mois dernier, se rapprochant considérablement de la barre des 0%.

 

Taux d’intérêt moyen pour les nouveaux dépôts des entreprises, avec une  échéance ≤ 1 an, statistiques de la zone euro.

 

  • L’Allemagne continue à baisser, affichant le taux d’intérêt moyen le plus bas des entreprises européennes à -0,37%.
  • La Belgique et l’Irlande ont également baissé, non loin derrière l’Allemagne, avec respectivement -0,30% et -0,23%.
  • En Espagne, les entreprises ont vu leurs taux d’intérêt augmenter considérablement, mais leur taux moyen demeure toujours inférieur à zéro, à -0,17%.

 

 

 

Lisa Schmid, responsable de la clientèle PME/TPE, nous explique l’impact des taux d’intérêt négatifs sur les petites et moyennes entreprises (PME) allemandes :

«En juin 2014, le taux d’intérêt de la BCE pour la facilité de dépôt est tombé en territoire négatif, à -0,1%, pour la première fois. Ce qui semblait être une mesure à court terme, est maintenant devenu la norme. Les déposants, qu’il s’agisse d’investisseurs privés ou d’entreprises, cherchent des moyens d’échapper à ces taux d’intérêt négatifs sur les dépôts. Comment les PME, qui représentent 99,6% des entreprises en Allemagne, réagissent-elles à ce contexte de taux négatifs? 

En juin 2017, selon une enquête allemande de l’ifo («Étude économique sur les intérêts négatifs sur les dépôts»), seule une entreprise sur cinq déclarait payer des intérêts négatifs. Aujourd’hui la possibilité d’échapper aux frais de dépôt n’existe plus. Avec l’introduction généralisée des taux d’intérêt négatifs, négocier une limite d’exemption ou changer de banque n’apporte généralement qu’un soulagement à court terme.

La préférence pour des investissements axés sur la liquidité et la sécurité (selon 86% des entreprises interrogées lors d’une étude de marché de la Commerzbank d’octobre 2019, en coopération avec le forsa) a poussé les entreprises à réviser leurs stratégies. En ce qui concerne les dépôts à terme, l’une des formes d’investissement les plus prisées, il existe peu d’opportunités à court terme, et encore moins avec un taux d’intérêt positif. C’est exactement la faille dans le marché que comble la plateforme Raisin pour les clients commerciaux, avec, par exemple, les dépôts à vue à 0,16%. 

La moyenne allemande des dépôts d’un terme maximal d’un an – la plus basse d’Europe – est de -0,37% par an depuis novembre 2020. Comme nous le révèlent les données de la BCE, une grande partie de l’Europe n’est pas loin derrière. De nombreuses entreprises choisissent d’investir dans leurs propres activités économiques. Parmi les autres solutions figurent les investissements en obligations, fonds, actions, placements en devises étrangères ou certificats d’investissement.

D’autre part, certaines entreprises, notamment les entreprises qui ont accès aux marchés de capitaux, peuvent émettre en nom propre avec de la dette des taux d’intérêt négatifs. De telles conditions dans le domaine du financement sont utilisées soit pour constituer des réserves, soit pour réaliser des investissements industriels.»

 

Les sources des recherches:

Allemagne:                     Deutsche Bank, Commerzbank, HypoVereinsbank –              biallo.de

Autriche:                         Erste Bank, Raiffeisenlandesbank Oberösterreich, Bawag – biallo.at

Belgique:                        ING Belgium, KBC, Belfius Bank –                                               spaargids.be

Espagne:                        Santander, BBVA, Caixabank –                                                    tucapital.es

France:                           BNP Paribas, Crédit Mutuel, Societe Generale –                      francetransactions

Irlande:                          Bank of Ireland, Allied Irish Banks, Ulster Bank –                     ccpc.ie

Italie:                              UniCredit, Banca Monte dei Paschi di Siena, Mediobanca –  confrontaconti.it

Norvège:                        DNB, Danske, Nordea –                                                               finansportalen.no

Pays-Bas:                       RaboBank, ING, ABN –                                                                 geld.nl, spaarrente.nl

Pologne:                         PKO Bank Polski, Bank Pekao, mBank –                                   oprocentowanie.pl

Portugal:                        Novo Banco, BPI, BCP –                                                               comparaja.pt

Royaume-Uni:               HSBC, Barclays, RBS –                                                                  which.co.uk

Suède:                            Nordea, SEB, Svenska Handelsbanken –                                  finansportalen.se

Les épargnants européens doivent-ils se résilier? Les chiffres montrent que des opportunités d’arbitrage subsistent.

 

 

Suite à la dernière conférence de presse tenue par la Banque Centrale Européenne (BCE) le jeudi 10 décembre, il a été annoncé que la politique monétaire expansionniste serait maintenue. Cela implique notamment de garder les taux d’intérêt historiquement bas et de fournir des liquidités aux banques. Ces mesures ne placent pas les épargnants dans les meilleures conditions d’investissement en cette fin d’année et pour 2021.

Comme observé durant les précédentes analyses, l’une des répercussions considérables de cette pandémie est la constitution d’un surplus d’épargne bancaire par les ménages français. Seulement, cette épargne a majoritairement bénéficié au livret A et aux Fonds euros malgré leurs rendements très peu attrayants. Si ceux-ci demeurent synonymes de “valeur sûre » pour la population française, elle risque la douche froide lorsque les compagnies d’assurance publieront en début d’année 2021 les performances des produits structurés et des assurances vie Fonds euros.

Depuis la crise financière de 2008-2010, et l’intervention accentuée des banques centrales depuis la pandémie, ces derniers ont vu leur performance annuelle baisser fortement, moins 20% entre 2018 et 2019. Cela malgré l’autorisation exceptionnelle du régulateur auprès des assureurs pour réintégrer des provisions techniques, afin de booster la performance de leurs produits. La tendance des taux et le comportement des banques centrales n’ayant pas été inversées en 2020, il n’y a pas de raison de croire que cette tendance baissière ne se répétera pas pour 2021.

Compte tenu du contexte qui perdure, les épargnants doivent devenir beaucoup plus actifs dans leurs recherches de rentabilité. D’autant plus, qu’une étude récente de Allianz (Financial and risk literacy survey,19/11/2020) a révélé que la culture financière française n’est pas au rendez vous. Sur les sept pays européens analysés, la France possède le niveau de connaissances financières le plus bas. Elle relève aussi l’importance de développer cette culture financière afin que l’épargnant puisse préserver son pouvoir d’achat et préparer au mieux sa retraite.

Les épargnants-consommateurs, qui ont compris le contexte actuel, privilégient les intermédiaires et plateformes telles que Raisin pour exploiter les arbitrages disponibles en France mais aussi à travers l’Europe, en souscrivant d’une manière simple et unique à des offres de banques françaises mais aussi européennes proposant des taux élevés.

 

ANALYSE DE RAISIN : COMPARAISONS

Comparaison des 3 plus grandes banques aux 3 meilleures offres du marché

Dans la majorité des grandes économies européennes, les taux d’intérêt les plus élevés offerts aux épargnants sont de 0,5 à 1% supérieurs aux meilleurs taux proposés par les grandes banques de leurs pays respectifs.

En réalisant des stratégies d’arbitrage, les consommateurs ont la possibilité de réaliser un bénéfice réel sur leur épargne, surtout lorsque l’on considère que l’inflation demeure proche ou inférieure à 0% dans la zone euro.

Cependant, aucun pays parmi ceux que nous avons étudiés n’a connu de hausse des taux d’intérêt offerts aux particuliers au cours du mois dernier. Bien au contraire, les taux d’intérêt les plus élevés ont même légèrement baissé -quelques centièmes de pour cent- à travers le sud de l’Europe et le Royaume-Uni.

 

*Réaliser un ratio entre la moyenne des grandes banques espagnoles a 0% et les offres les plus élevées a 0,750% est mathématiquement impossible mais 750 reflète au mieux la situation réelle.

 

  • L’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie ainsi que le Portugal et la Norvège, présentent tous des écarts de 0,5 à 1% entre les meilleurs taux d’intérêt disponibles sur le marché européen, et les taux offerts par leurs plus grandes banques.
  • La France, la Belgique, les Pays-Bas, ainsi que l’Autriche, ne sont pas loin derrière, avec des écarts d’un peu moins de 0,5%. Il y a donc une véritable différence de bénéfice entre l’épargnant européen qui prend son épargne en main et celui qui reste dans sa banque traditionnelle.
  • La grande exception du mois dernier a été le Royaume-Uni, qui a vu ses taux chuter de plusieurs dixièmes de pourcent et a vu ses meilleures offres tomber sous la barre des 1% pour la première fois depuis cet été.
  • En Italie, en Suède, en Norvège et en Pologne, les offres les plus compétitives se situent toujours dans une fourchette supérieure à 1%.

 

Meilleures offres à 1 an et à 3 ans

À mesure que les marchés continuent d’absorber de nouvelles séries d’informations sur la pandémie et les conséquences économiques qui en découlent, des observations peuvent déjà être réalisées concernant les investissements à court et à long terme. En effet, il semblerait que même si l’épargnant continue à gagner davantage en épargnant à long terme, l’écart entre les taux à long et à court terme ne cesse de diminuer. Les dépôts à terme à trois ans ne sont en moyenne que de 0,2 à 0,3% supérieurs aux dépôts à terme à un an et moins, à travers l’Europe. Cependant, l’épargnant français est parmi les mieux lotis (s’il épargne à long terme), avec des taux à 3 ans (1,117%) presque deux fois plus élevés que ceux à 1 an (0,583%).

 

 

  • Les taux à 3 ans sont particulièrement élevés en France et en Italie.
  • Les meilleurs taux d’intérêt disponibles ont en général légèrement baissé pour les dépôts à terme de 1 an et moins, de même que ceux à 3 ans, en Allemagne, Norvège et au Royaume-Uni.
  • Quant à l’Espagne, elle connaît toujours la situation opposée, avec en moyenne des taux d’intérêt à 1 an supérieurs à ceux à 3 ans.

 

DONNÉES DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES PARTICULIERS

Selon les dernières données de la Banque Centrale Européenne, les taux d’intérêt italiens et britanniques ont en moyenne augmenté, tandis que les taux de la Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg, ont diminué. En France les taux ont également diminué, même si la baisse est moindre que les pays mentionnés précédemment.

Taux d’intérêt moyen des nouveaux dépôts, ménages privés; maturités ≤ 1 an, données de la BCE. 

 

  • L’Italie et les Pays-Bas restent les rois de la zone euro avec les taux d’intérêt moyens les plus élevés pour les particuliers.
  • La France et le Royaume-Uni continuent de bénéficier de taux compétitifs pour l’épargnant, notamment par rapport aux économies voisines : l’Espagne et l’Allemagne.
  • Dans les plus petits pays comme Malte, l’Estonie, la Slovaquie et la Roumanie, les taux moyens sont suffisamment élevés pour attirer l’attention des investisseurs extérieurs.

 

DONNÉES DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES ENTREPRISES

Sauf exception, en Europe de l’Est les taux d’intérêt des entreprises ont en moyenne poursuivi leur longue descente. Les taux zéro n’ont pas connu d’effet plancher. Neuf marchés offrent des taux d’intérêts négatifs et le taux d’intérêt moyen pour les entreprises est de -0,22% dans la zone euro.

 

Taux d’intérêt moyen pour les nouveaux dépôts des entreprises, avec une  échéance ≤ 1 an, statistiques de la zone euro.

 

  • L’Espagne, les Pays-Bas, la Belgique et l’Autriche continuent à afficher des taux bien inférieurs à 0% pour les entreprises.
  • Tandis que le berceau de l’industrie, l’Allemagne, affiche les taux les plus bas avec une moyenne de -0,36%.
  • A l’inverse, l’Autriche et les pays d’Europe de l’Est ont des taux d’intérêt offert aux entreprises qui ont en moyenne augmenté.
  • En France, les taux restent constants et positifs avec une moyenne de 0,06%.

 


Katharina Lueth, vice-présidente de Raisin pour l’Europe et dirigeant l’expansion du marché des dépôts de Raisin au-delà de l’Allemagne, s’exprime sur la situation actuelle de l’épargne en Europe et sur les options qui s’offrent aux consommateurs :

«Nous avons constaté une augmentation du volume de l’épargne durant la pandémie. Les ménages mettent de côté une part importante de leur revenu en raison de l’incertitude grandissante et du manque de possibilités de consommation. Depuis l’extrême volatilité des marchés qui a débuté en mars dernier, on a également mis davantage l’accent sur les investissements à faibles risques. Les consommateurs favorisent une épargne de précaution, en effet ils veulent conserver l’accès à leur argent à court terme au cas où ils en auraient besoin. Cela signifie que la majorité de leur épargne est conservée sur des comptes courants sans rendement ou, pire encore, à taux d’intérêt négatifs.

Lorsque les gens mettent autant d’argent de côté, ils devraient idéalement s’assurer d’un certain rendement sur celui-ci. Même dans les pays où les taux sont faibles et négatifs, les épargnants peuvent encore réaliser des gains. Au minimum, pour protéger leur épargne face à l’inflation, et si possible pour faire des bénéfices. Ceux qui se préoccupent du court terme peuvent se tourner vers les produits de dépôt à terme de 3 ou 6 mois.

Pour les épargnants qui gèrent activement leur épargne et souhaitent profiter des options disponibles, placer de l’argent dans un produit d’épargne est un moyen de départager l’argent que l’épargnant ne veut pas dépenser, et donc de l’aider à respecter son budget

Dans notre étude publiée en Novembre dernier L’Europe ou le royaume de l’argent mort-vivant!, Raisin avait déjà signalé le manque à gagner pour l’épargnant français en ne prenant pas son épargne en main.

 

Les sources des recherches

Allemagne:                    Deutsche Bank, Commerzbank, HypoVereinsbank               – biallo.de

Autriche:                        Erste Bank, Raiffeisenlandesbank Oberösterreich, Bawag   – biallo.at

Belgique:                       ING Belgium, KBC, Belfius Bank                                                  –spaargids.be

Espagne:                        Santander, BBVA, Caixabank                                                       –tucapital.es

France:                           BNP Paribas, Crédit Mutuel, Societe Generale                         –francetransactions

Irlande:                          Bank of Ireland, Allied Irish Banks, Ulster Bank                        –ccpc.ie

Italie:                              UniCredit, Banca Monte dei Paschi di Siena, Mediobanca      –confrontaconti.it

Norvège:                        DNB, Danske, Nordea                                                                    –finansportalen.no

Pologne:                        PKO Bank Polski, Bank Pekao, mBank                                         –oprocentowanie.pl

Portugal:                       Novo Banco, BPI, BCP                                                                     –comparaja.pt

Royaume-Uni:              HSBC, Barclays, RBS                                                                        –which.co.uk

Suède:                           Nordea, SEB, Svenska Handelsbanken                                        –finansportalen.se

Une tendance des taux d’intérêt défavorable et des comportements d’acteurs économiques, qui placent les banques entre le marteau et l’enclume.

L’Autorité de contrôle prudentiel de résolution (ACPR) a décrit ce mois-ci la baisse des taux subie par les épargnants en assurance-vie l’année dernière comme une baisse « sans précédent ». Des mots qui décrivent la situation difficile à laquelle les assureurs, et par conséquent les assurés, ont dû faire face en raison de la baisse des taux d’intérêt. Cette année, la tendance ne semble pas s’inverser, dans un contexte où les taux d’intérêt continuent de diminuer, notamment en raison de la crise liée à la Covid-19.

Les dernières annonces de la BCE vont dans ce sens, les taux pourraient être encore plus sous pression en décembre. Il semble très clair que la BCE procédera à un certain assouplissement de l’orientation de la politique monétaire lors de sa prochaine réunion en décembre. En fait, la présidente Lagarde a même ajouté dans sa dernière conférence de presse qu’il « ne fait guère de doute, compte tenu de ce qui est attendu en raison des risques que nous constatons, que les circonstances justifieront le recalibrage et la mise en œuvre de ce paquet de recalibrage »

Dans ce contexte de baisse des taux, les épargnants-consommateurs changent eux aussi leurs habitudes. Harris Interactive a réalisé pour l’observatoire Cetelem une enquête sur les intentions d’épargne. Si tous les ménages européens font attention à leurs dépenses, 49 % d’entre eux ont l’intention d’accroître leur épargne au cours des 12 prochains mois et c’est en France que cette volonté progresse le plus.

Un sentiment domine actuellement l’état d’esprit des consommateurs européens : la stagnation voire la baisse de leur pouvoir d’achat (respectivement pour 49 % et 38 % d’entre eux). Seuls 13 % d’entre eux estiment que leur pouvoir d’achat a progressé, contre 21 % fin 2019.

Ce mois-ci, notre analyse de l’épargne propose d’observer plus précisément cette baisse des taux d’intérêts, à travers l’Europe, et les possibilités d’arbitrage possibles pour les épargnants entre les offres des banques traditionnelles, et les meilleures offres disponibles sur le marché, mais aussi entre les offres à court terme versus moyen terme.

 

ANALYSE DE RAISIN : COMPARAISONS

Comparaison des 3 plus grandes banques aux 3 meilleures offres du marché

 

Les meilleurs taux à un an ont baissé dans toute l’Europe occidentale face à la deuxième vague de la pandémie. Les grandes banques sont restées stables dans presque tous les pays. Même si les meilleurs taux de la plupart des pays sont en moyenne inférieurs à 1 %, ces taux restent en moyenne plusieurs fois supérieurs à ceux des grandes banques : trois fois plus élevés en France, quatre fois plus élevés au Royaume-Uni, huit fois plus élevés en Italie et en Espagne, et jusqu’à cent fois plus élevés en Allemagne.

  • Tendance à la baisse : Du Royaume-Uni à la France, en passant par l’Espagne, le Portugal et l’Italie, ou encore en Norvège, les taux d’intérêt les plus élevés sur les dépôts à un an ont baissé.
  • Pas de changement dans les grandes banques, sauf…: en Belgique où les taux d’intérêt des plus grandes banques ont augmenté.
  • Les centimes s’additionnent : Les variations du mois dernier ont toutes été marginales, généralement quelques centièmes de pourcent. Pourtant, ces changements sont suffisants pour faire gagner ou perdre des dizaines de millions d’intérêts à travers le continent, lorsqu’on prend en compte qu’en Allemagne, en France, en Espagne et en Italie, les ménages accumulent plus de 6 000 milliards d’euros de dépôts, selon la BCE.

La France ne fait pas exception et l’écart se réduit légèrement dans le secteur bancaire. Cependant, les épargnants les plus actifs peuvent toujours multiplier leur rendement par trois.

 

Meilleures offres à 1 an et à 3 ans :

Tandis que les taux connaissent une stagnation presque générale, on observe une baisse dans quelques pays, dont la France.  Les quelques banques irlandaises, qui regorgent de liquidités, continuent de proposer les taux d’intérêt les plus bas d’Europe, tandis que l’économie italienne, en difficulté, maintient ses taux à un niveau compétitif malgré une légère baisse au cours des derniers mois.

 

 

  • L’écart entre les taux à court et à long terme est d’environ 0,17 % en Allemagne – où le risque est moindre mais où les perspectives de croissance sont moins bonnes. En Italie, on observe un écart de 0,75 %, avec un facteur de risque plus élevé mais aussi un potentiel de croissance modeste.
  • Néanmoins, l’Europe centrale garde plusieurs options, avec des taux maximums allant de 0,57 % à 1,12 %. L’Espagne continue de connaître une inversion, les taux à un an les plus élevés disponibles dépassant les taux à trois ans.
    En Norvège, les taux continuent de baisser.

Il est intéressant de noter que dans certains pays comme la France, l’écart entre les placements à 1 an versus 3 ans a tout de même légèrement augmenté malgré un contexte de baisse généralisée des taux. Cela s’explique par une baisse plus forte des taux à court terme versus ceux à moyen terme. Avant que ces derniers ne suivent cette tendance, les épargnants devraient peut-être considérer locker ces taux de rendement et placer une partie de leur liquidité à moyen terme.

ECB DATA: RETAIL INTEREST RATES

Résumé :

La fin de l’été a vu une hausse des taux de détail en moyenne dans la plupart des pays européens. Toutefois, dans la zone euro, presque tous les pays connaissent une baisse des taux d’intérêt par rapport à l’automne 2019, allant de quelques points de base seulement en Espagne et en Allemagne à -39 points de base en France.

 

Retail Rates

  • En Espagne et en Irlande, le taux d’intérêt moyen sur les dépôts à terme d’un an ou moins est tombé à 0,01 % et 0,02 % respectivement.
  • Parmi les cinq plus grandes économies européennes, les taux moyens en Allemagne, au Royaume-Uni et en Espagne ont tous baissé au début de l’automne, tandis qu’en France et en Italie ils ont grimpé respectivement à 0,56 % et 0,64 %.
  • L’Europe de l’Est et du Nord ont enregistré des gains, les taux du Danemark, de la Pologne, de la Slovaquie, de la Finlande et de la Lettonie ayant tous augmenté en moyenne.

DONNÉES DE LA BCE : TAUX D’INTÉRÊT DES ENTREPRISES

Les chiffres magiques sont 1, 2 et 3 : la moitié des pays figurant dans les données de la Banque centrale européenne ont vu une augmentation ou diminution des taux d’intérêt des entreprises de 1, 2 ou 3 points de base. Il est également intéressant de noter que les entreprises de neuf pays européens continuent à payer des intérêts négatifs sur leurs dépôts en moyenne, et que neuf autres pays gagnent moins de 0,10 % d’intérêt.

  • L’Autriche et l’Estonie ont malheureusement été les exceptions, les intérêts sur les comptes des entreprises ayant chuté de respectivement -29 et -14 points de base.
  • En revanche, l’Italie et Malte ont fait un bond de 85 et 35 points de base, ce qui a permis aux entreprises d’obtenir de faibles rendements sur leurs liquidités.
  • En Allemagne, en Espagne et en Irlande, les entreprises continuent à être confrontées à des taux d’intérêt extrêmement bas, bien en dessous de 0 %, et doivent payer des pénalités pour tout argent en banque.

 

Benedikt Voller, Vice-Président de Raisin pour les clients et les partenariats commerciaux, explique comment les banques font face aux faibles taux actuels ainsi qu’aux tensions fiscales causées par la pandémie de coronavirus:

« Dans le contexte actuel de taux d’intérêt bas et négatifs, les banques européennes ont reçu des conseils de la BCE pour maintenir les économies européennes à flot, accompagnés de liquidités injectées sur le marché par le biais de subventions liées à la pandémie. Cependant, de nombreuses banques sont confrontées à une situation de surliquidité dans leurs bilans: d’une part le client retail thésaurise, d’autre part, dans certaines juridictions telles qu’en France, les sociétés ont souscrit aux Plans Garantis par l’Etat mais déposé ces fonds sur leur compte courant. Tous les dépôts ne peuvent pas être utilisés pour créer davantage d’actifs et accorder des prêts sur le marché. Il en résulte des coûts importants, notamment :

  • Le paiement des prélèvements bancaires et des contributions aux systèmes de garantie des dépôts
  • Des exigences accrues en matière de fonds propres qui sont basées sur le montant des dépôts détenus
  • Pénalités d’intérêts négatifs pour les liquidités placées sur le marché interbancaire ou auprès de la BCE

Afin de minimiser l’impact, les banques de détail doivent souvent abaisser les taux d’intérêt pour les clients, parfois même pousser les taux en dessous de zéro, afin de pousser les liquidités des clients vers d’autres produits. Parfois leurs actions peuvent même faire disparaître ces pools de liquidité au profit d’autres fournisseurs, potentiellement concurrents. Cela crée un dilemme non seulement pour les clients – qui manquent des rendements potentiels de leur épargne et doivent quitter leur banque d’origine – mais aussi pour les banques. Les institutions financières risquent de perdre des relations de longue date avec leurs clients si elles ne parviennent pas à compenser les taux faibles ou négatifs par des produits ou services alternatifs suffisamment attrayants. La situation actuelle des liquidités pousse donc les banques à chercher des solutions innovantes pour sortir de l’impasse des taux d’intérêt à long terme ».

 

Les banques sont contraintes d’évoluer et de faire des choix difficiles. Elles sont placées entre le marteau et l’enclume, la BCE continuant à injecter des liquidités et les clients à épargner, comme le souligne notre dernière étude « L’Europe ou le royaume du cash mort-vivant« .

 

SOURCES:

Raisin, BCE, ACPR, l’observatoire Cetelem

 

Allemagne:                    Deutsche Bank, Commerzbank, HypoVereinsbank

Autriche:                        Erste Bank, Raiffeisenlandesbank Oberösterreich, Bawag

Belgique:                        ING Belgium, KBC, Belfius Bank

Espagne:                       Santander, BBVA, Caixabank

France:                          BNP Paribas, Credit Mutuel, Societe Generale

Irlande:                          Bank of Ireland, Allied Irish Banks, Ulster Bank

Italie:                             UniCredit, Banca Monte dei Paschi di Siena, Mediobanca

Norvège:                        DNB, Danske, Nordea

Pologne:                        PKO Bank Polski, Bank Pekao, mBank

Portugal:                        Novo Banco, BPI, BCP

Royaume-Uni:                 HSBC, Barclays, RBS

Suède:                           Nordea, SEB, Svenska Handelsbanken

Les Européens laissent dormir 4,7 trillions d’euros sur leurs comptes courants, alors qu’ils pourraient bénéficier de rendements allant jusqu’à 1,85%.

Les Français, à eux seuls, perdent l’équivalent de 5.1 milliards d’euros de revenu additionnel.

L’écart se creuse considérablement entre les intérêts versés par les grandes banques classiques et les meilleurs dépôts disponibles sur le marché de l’épargne.  En France, l’écart n’est pas aussi considérable mais un épargnant avisé peut gagner jusqu’à 3.7 fois plus.

COMPARAISONS

Dans la plupart des pays européens, les taux d’intérêt les plus élevés ont chuté ce mois-ci, mais ils restent malgré tout bien plus élevés que les taux offerts par les banques traditionnelles. Seuls le Royaume-Uni, la Norvège et la Pologne ont suivi la tendance du mois précédent, avec une augmentation des taux d’intérêt les plus élevés.

 

  • Les premiers de la classe : Les meilleures offres au Royaume-Uni, en Suède, en Norvège, en Italie et en Pologne dépassent largement 1%
  • Les plus maltraités : Les clients des banques traditionnelles espagnoles, allemandes, néerlandaises, portugaises ou polonaises sont tous confrontés à des taux d’intérêt à terme fixe inférieurs à 0,05 %.
  • Pas les pires mais…: Les déposants irlandais, autrichiens, belges et italiens ne sont pas beaucoup mieux traités par leurs banques traditionnelles, qui leur offrent un taux  oscillant autour de 0,1 %.
  • 70 centimes vs. 70 euros: L’écart de taux d’intérêt allemand entre les banques de réseau classiques et celles qui offrent les meilleurs taux est considérable. Il est proche d’un multiplicateur de 100. Ainsi, une personne disposant de 10 000 euros sur un compte à terme d’un an dans une grande banque allemande gagne actuellement en moyenne 70 centimes d’intérêts, alors qu’il pourrait gagner jusqu’à 70 euros auprès d’une autre banque.
  • En France, un épargnant avisé peut obtenir des niveaux de rémunérations jusqu’à 3.7 fois supérieurs à ceux offerts par sa banque traditionnelle. 3 des 5 plus grandes banques françaises n’offrent en moyenne que 0.2% par an, alors qu’il est possible de trouver des banques qui offrent en moyenne un taux avoisinant les 0.733% par an. Il doit être d’autant plus actif que la rémunération offerte par les plus grands réseaux bancaires ne devrait pas évoluer en sa faveur.

Aussi, il est important de noter une certaine complaisance de la part de l’épargnant européen qui laisse dormir sur son compte courant pas loin de 4 700 trillions d’euros. Rien qu’en France, la population française laisse dormir sur son compte courant près de 700 milliards, ce qui représente un manque à gagner en terme de pouvoir d’achat de près de 5.1 milliards d’intérêts (de revenus additionnels) perdus. A moins d’être plus engagé dans la gestion de son argent, l’épargnantcontinuera de souffrir de ce manque à gagner.

 

Malgré une baisse générale des taux à moyen terme (3 ans), il est toutefois possible de trouver une rémunération entre 0,7% et 1,85%, niveaux qui restent bien supérieurs à des taux de dépôt à court terme (1 an). Si un investisseur se place dans une perspective négative de croissance économique et de baisse des taux, il peut être judicieux de considérer locker ces taux élevés de rémunérations à moyen terme.

 

DONNEES DE LA BCE: TAUX D’INTÉRÊT DES PARTICULIER

Les dernières données de la Banque Centrale Européenne (du mois d’août, publiées début octobre) confortent l’analyse faite les mois derniers par Raisin. A savoir,  elles montrent que presque tous les pays observent une baisse sur les taux des comptes à terme fixe à un an ou moins.

Aussi, la Banque Centrale Européenne signale l’écart des taux offerts par les banques à travers les différents pays européens: 0,02% en Irlande et en Espagne  contre 0,5% en France et en Italie, ou bien encore 0,97% aux Pays-Bas. Cette situation offre ainsi des opportunités d’arbitrage:

  • aux trésoriers en allant faire de la collecte de dépôt hors de leur marché domestique
  • aux consommateur-épargnants en profitant de taux offerts par des banques étrangères

Retail rates

Taux d’intérêt moyen pour les nouveaux dépôts, les particuliers; échéances ≤ 1 an, données de la BCE. Note : La série chronologique de la Banque centrale néerlandaise pour les dépôts d’une durée inférieure ou égale à un an comprend un « dépôt de construction » spécifique au pays, dont les taux moyens sont plus élevés que ceux des dépôts à vue et à terme.

Le Danemark peut servir d’exemple pour illustrer l’intérêt de locker des taux d’intérêt à moyen terme. Le taux à 1 an a baissé de 57%, ou l’équivalent de 67 points de base en passant de 1,27% à 0,6%. Les épargnants ayant été les plus avisés ont pu éviter cette perte de revenus.

 

DONNEES DE LA BCE: TAUX D’INTÉRÊT DES ENTREPRISES

Les entreprises ont encore moins d’options (rentables) lorsqu’il s’agit de laisser leur argent à la banque. En effet, dix marchés affichent encore des taux négatifs en moyenne, selon les données les plus récentes de la Banque centrale européenne. Dans dix autres, les dépôts des entreprises rapportent moins de 0,1 %.

 

  • Les entreprises allemandes sont toujours les moins bien loties avec une moyenne de -0,34%, les Pays-Bas ne sont pas loin derrière avec -0,29%.
  • L’Italie et la France  ont au moins la tête hors de l’eau, avec des taux de respectivement 0,01% et 0,02%

 

Corporate rates:

Taux d’intérêt moyen pour les nouveaux dépôts, les entreprises, les échéances ≤ 1 an, statistiques de la zone euro.

 

Emmanuel Rodriguez, directeur général de Raisin France, propose une réflexion plus approfondie sur les liens qu’entretiennent les taux d’intérêt en Europe et le risque implicite. Il révèle aussi ce que la plupart des déposants ne savent pas forcément encore.

« Les taux d’intérêt sur les dépôts à terme indiquent toujours un équilibre : d’un côté, le niveau de risque que les investisseurs sont prêts à accepter en déposant leur argent, et, de l’autre, la croissance que le secteur bancaire anticipe. Plus le risque est élevé, plus l’investisseur exigera  un taux d’intérêt supérieur pour compenser le risque pris en déposant son argent auprès de cette banque et/ou du pays où elle est domiciliée. La crise financière de 2008-2010 a illustré ce point. Mais il ne faut pas oublier l’autre côté de l’équation. Le taux rémunérateur du dépôt reflète aussi l’appétit de la banque pour financer ses activités et, par conséquent, ses attentes en matière de croissance économique à venir. Si les perspectives économiques ne sont pas optimistes, les banques ne sont pas prêtes à figer des coûts de financements élevés à moyen/long terme pour une activité économique qui pourrait ne pas se matérialiser. Cela peut être particulièrement le cas dans les pays fortement dépendants des exportations (par exemple l’Allemagne), mais aussi dans les pays où la concurrence entre les acteurs bancaires est faible, soit parce que le secteur bancaire est très concentré, soit parce que ses résidents ont une préférence générale pour l’épargne plutôt que pour l’emprunt et la consommation.

Enfin, ce dont les clients ne se rendent pas compte, soit par manque d’information, soit par crainte non fondée, c’est qu’ils peuvent simplement « arbitrer » le marché. A travers des plateformes telles que celle de Raisin, ils peuvent accéder à des taux plus élevés ailleurs en Europe sans prendre de risque de marché additionnel. Les pays européens et leurs banques locales ont tous adhéré au système européen de garantie des dépôts. Jusqu’à 100 000 euros par personne et par banque sont garantis. Aussi, le marché unique des services bancaires et financiers progresse, les dirigeants européens adoptent et mettent en œuvre des mesures supplémentaires pour rendre le secteur bancaire encore plus sûr et plus accessible à tous. »

 

À chaque nouvelle publication de données économiques depuis le début de la pandémie de Covid-19, les marchés européens se réajustent. La France et l’Allemagne, qui constituent les deux acteurs principaux du moteur économique européen, n’ont peut-être pas subis le degré de pertes que l’on soupçonnait au départ. Cependant, les perspectives à long terme sur l’ensemble du continent semblent néanmoins sombres. La Banque centrale européenne (BCE) a préconisé une action forte pour stimuler l’économie, tout en apportant un soulagement significatif aux banques et en poursuivant sa stratégie de taux d’intérêt négatifs. La BCE pourrait adopter la nouvelle démarche de la Réserve Fédérale américaine qui vise également un niveau d’inflation plus élevé, de 2%.

Dans un discours prononcé le 26 août, Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, a présenté une « évaluation globalement positive de l’expérience de la BCE en matière de taux d’intérêt négatifs », replaçant la stratégie dans un contexte plus large :

« Si la BCE peut atténuer les effets néfastes potentiels des taux d’intérêts négatifs, les solutions à apporter vont au-delà du domaine de la politique monétaire et sont du domaine politique et des réformes structurelles. Il s’agit notamment de résoudre le problème de la surbancarisation et de l’absence de fusion et acquisitions transfrontalières afin de favoriser la  création d’une union bancaire européenne, ainsi que l’avènement d’un marché européen des capitaux, qui ont pris une importance croissante comme réponse à la pandémie de coronavirus (COVID-19) ».

COMPARAISON:

Alors que la Banque Centrale Européenne promeut un marché unique des services bancaires et financiers, les différences nationales ont la peau dure.

Les consommateurs des plus grandes économies européennes, dont la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, continuent de subir d’énormes écarts de taux d’intérêt sur le marché des dépôts entre les acteurs locaux dominants et les celles qui sont les plus compétitives, généralement de tailles moyennes ou bien etrangères. Dans les trois plus grandes banques allemandes, les épargnants peuvent s’attendre à un rendement de seulement 0,01 % sur leurs dépôts à terme d’un an.

Alors que, les meilleures offres disponibles en Allemagne atteignent en moyenne 0,99 %, ce qui permet aux déposants qui recherchent activement les produits les plus compétitifs de gagner jusqu’à 74 fois plus, les aidant à mitiger les effets négatifs de l’inflation.

En France, il en est de même. Les épargnants, les plus actifs et astucieux, peuvent obtenir des taux de rémunération 3x supérieurs à ceux offerts par les trois plus grandes banques: à savoir 0.8% d’intérêts versus 0.27% offerts par ces dernières.

En Espagne, les déposants qui placent auprès des trois plus grandes banques espagnoles avec un taux d’intérêt de 0,10 % peuvent gagner dix fois plus, jusqu’à 0,99 %, avec les meilleures offres du marché de leurs concurrents.

A l’exception de l’Irlande et du Royaume Uni, cet arbitrage existe à travers toute l’Europe.

La situation d’oligopole bancaire peut favoriser des taux extrêmement bas, mais les banques profitent surtout de la passivité et complaisance de leurs clients. Les clients les plus actifs ont compris l’intérêt économique et réglementaire d’un marche unique europeen et privilégient les intermédiaires et plateformes telles que Raisin pour exploiter ces arbitrages en souscrivant d’une manière simple et unique des offres de banques concurrentes européennes proposant des taux élevés.

La crise sanitaire accélère l’adoption de solutions numériques et par conséquent devrait être bénéfique aux acteurs qui adoptent des processus simplifiés et digitaux. Cédric O, secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, a d’ailleurs annoncé que le numérique fera partie des grands thèmes retenus dans le plan de relance, dont les détails devraient être dévoilés début septembre.

Le numérique pourrait alors être un outil complémentaire pour la construction d’un marché unique des services bancaires et financiers.

Tableau de comparaison des taux offerts des 3 plus grandes banques avec les 3 meilleures offres du marché

Moyenne des offres de dépôt à terme d’un an proposées par les 3 plus grandes banques du marché français auprès de de leurs clients de détail; à date du 21/08/2020. Critères: dépôt de 10 000 EUR; offres pour les clients nouveaux et existants. Choix des banques les plus grandes en fonction de la taille du bilan. Ces taux sont calculés en excluant la plateforme de Raisin et, lorsqu’il y en a, tout concurrent direct sur chaque marché.

L’investissement à moyen terme, une épargne en perte d’attractivité ?

Il est important de noter une tendance qui pourrait se généraliser: un aplatissement de la courbe des taux. Les taux à moyen terme, 2 et 3 ans, baissent pour atteindre le niveaux des taux d’intérêts offert a un an.

Il existe une différence de moins de 2 dixièmes de pourcent entre les taux d’intérêt des principaux dépôts à terme à 1 an et à 3 ans à travers toute l’Europe avec exception de la France, L’Italie et le Royaume Uni.

Pire encore, en Allemagne, le taux à 1 an est une fois de plus supérieur au taux à 3 ans.

L’investissement à moyen terme semble donc perdre en attractivité et pourrait mettre à mal le financement de l’économie à long terme. Côté épargnant, dans le but de maximiser leurs investissements, ces derniers devraient considérer de locker ces taux à moyen terme avant qu’ils ne continuent à suivre cette tendance à la baisse et ne deviennent plus rentables.

Meilleurs taux à 1 an et 3 ans

 

Moyenne des 3 meilleures offres de dépôt à terme pour les clients de détail sur la base des sites de comparaison locaux au 21/08/2020. Critères: dépôt de 10 000 EUR; 1 produit par banque; offres pour les clients nouveaux et existants.

 

DONNEES DE LA BCE

Taux d’intérêts offerts aux épargnants:

Des arbitrages à travers l’Europe encore disponibles

Malgré une tendance générale de baisse des taux d’intérêts offerts aux épargnants européens, il existe toujours des différences prononcées entre les différents pays.

Selon les dernières données de la Banque centrale européenne, parmi les pays les plus touchés par la baisse des taux entre juin 2019 et juin 2020 figurent la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, qui ont perdu entre 30 et 45 points de base. La Grèce a également perdu 30 points de base par rapport à juin 2019, les taux d’intérêt en Finlande (-22), en Pologne (-95) et en République tchèque (-116) ayant également chuté.

L’Allemagne et la Suède font partie des rares marchés qui ont connu une hausse en juin 2020 par rapport à l’année précédente, l’Allemagne ayant légèrement augmenté de 7 points de base et la Suède de 10.

L’écart se réduit. Le taux moyen le plus bas est observé en Espagne avec 0.01% et le plus élevé aux Pays Bas avec 1.06%. Parmi les marchés que nous analysons dans et hors de la zone euro, 14 ont actuellement des taux moyens qui restent inférieurs à 0,2%, dont l’Allemagne, l’Irlande et l’Espagne. En revanche, l’Italie, la France et le Royaume-Uni affichent des taux moyens bien supérieurs à un demi pour cent, soit respectivement 0,64 %, 0,81 % et 0,69 %.

Taux d’intérêts offerts aux épargnants

Taux d’intérêt moyen des nouveaux dépôts, ménages privés; maturités ≤ 1 an, données de la BCE. Remarque: La série chronologique de la Banque centrale néerlandaise pour les dépôts à échéance inférieure à un an comprend aussi un «dépôt pour la  construction» spécifique au pays avec des taux moyens subventionnés et donc  supérieurs aux dépôts à vue et à terme offert par le secteur privé.

 

Taux offerts aux entreprises:

Si le secteur de l’épargne des particuliers est encore préservé et bénéficie de taux positif, celui des PME est fortement pénalisé par les banques qui retranscrivent à leur tour les taux pénalisant de la Banque Centrale Européenne.

Selon les dernières données de la Banque centrale européenne, le taux d’intérêt moyen de la zone euro sur les dépôts des entreprises d’un an ou moins – actuellement à -0,14 % – a perdu 15 points de base depuis juin 2019. Les marchés du Benelux ainsi que l’Allemagne, l’Irlande et l’Espagne affichent tous un taux d’intérêt négatif moyen pour les dépôts des entreprises.

Entre mai et juin, l’Irlande et l’Espagne ont fait un bond de 9 et 10 points de base respectivement, bien que toujours en dessous de 0%, l’Autriche, la Belgique et le Luxembourg ayant également progressé de 3 à 6 points de base.

En moyenne, les taux d’intérêt des entreprises ont baissé en Allemagne et en Italie, respectivement de 9 et 12 points de base, l’Allemagne affichant le taux moyen le plus bas, soit -0,33 %. La Lituanie (-13 points de base) et l’Estonie (-14 points de base) ont également perdu beaucoup de terrain.

La France fait figure d’exception dans le panorama européen en offrant un taux positif, même si ce dernier continue de baisser. Il n’est plus que de 0.02% pa.

Average Corporate Rates across Europe – ECB

 

Taux d’intérêt moyen pour les nouveaux dépôts des entreprises, avec une  échéance ≤ 1 an, statistiques de la zone euro.

 

Sources: European Central Bank, Raisin, Bloomberg, Bloomberg, Financial Times.

Image: NASA

À propos de Raisin
Un précurseur de l’open banking et leader pan-européen de l’épargne et de l’investissement à travers une plateforme unique, la fintech berlinoise fut créé en 2012 par Dr. Tamaz Georgadze (CEO), Dr. Frank Freund (CFO) et Michael Stephan (COO). Les plateformes de Raisin — sous la marque WeltSparen dans les pays germanophones — font tomber les barrières pour faciliter l’épargne des consommateurs européens et des PME: la marketplace Raisin offre des comptes de dépôts garantis attractifs et faciles d’accès sans coûts de souscription à travers l’Europe, ainsi que des produits d’investissement en ETF et des plans d’épargne retraite à bas coûts en Allemagne. Grâce à une seule ouverture de compte en ligne, les clients de Raisin ont accès à une gamme diversifiée de produits d’épargne et peuvent ensuite gérer simplement leur patrimoine en ligne. Depuis 2013, Raisin a intermédié plus de 25,5 milliards d’euros auprès de plus de 27,500 clients et 97 banques partenaires à travers 30+ pays européens. Raisin a été nominé parmi les top 5 fintechs des Fintech 50 et est soutenu financièrement par d’investisseurs institutionnels américains et européens tels que btov Ventures, Goldman Sachs, PayPal Ventures, Thrive Capital, Index Ventures, Orange Digital Ventures et Ribbit Capital. Raisin UK basé à Manchester, banking-as-a-service Raisin Bank à Francfort, fairr.de, et Raisin Technology appartiennent tous au groupe Raisin.
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À chaque nouvelle publication de données économiques depuis le début de la pandémie de Covid-19, les marchés européens se réajustent. La France et l’Allemagne, qui constituent les deux acteurs principaux du moteur économique européen, n’ont peut-être pas subis le degré de pertes que l’on soupçonnait au départ. Cependant, les perspectives à long terme sur l’ensemble du continent semblent néanmoins sombres. La Banque centrale européenne (BCE) a préconisé une action forte pour stimuler l’économie, tout en apportant un soulagement significatif aux banques et en poursuivant sa stratégie de taux d’intérêt négatifs. La BCE pourrait adopter la nouvelle démarche de la Réserve Fédérale américaine qui vise également un niveau d’inflation plus élevé, de 2%.

Dans un discours prononcé le 26 août, Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, a présenté une « évaluation globalement positive de l’expérience de la BCE en matière de taux d’intérêt négatifs », replaçant la stratégie dans un contexte plus large :

« Si la BCE peut atténuer les effets néfastes potentiels des taux d’intérêts négatifs, les solutions à apporter vont au-delà du domaine de la politique monétaire et sont du domaine politique et des réformes structurelles. Il s’agit notamment de résoudre le problème de la surbancarisation et de l’absence de fusion et acquisitions transfrontalières afin de favoriser la  création d’une union bancaire européenne, ainsi que l’avènement d’un marché européen des capitaux, qui ont pris une importance croissante comme réponse à la pandémie de coronavirus (COVID-19) ».

 

COMPARAISONS:

Alors que la Banque Centrale Européenne promeut un marché unique des services bancaires et financiers, les différences nationales ont la peau dure.

Les consommateurs des plus grandes économies européennes, dont la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, continuent de subir d’énormes écarts de taux d’intérêt sur le marché des dépôts entre les acteurs locaux dominants et les celles qui sont les plus compétitives, généralement de tailles moyennes ou bien etrangères. Dans les trois plus grandes banques allemandes, les épargnants peuvent s’attendre à un rendement de seulement 0,01 % sur leurs dépôts à terme d’un an.

Alors que, les meilleures offres disponibles en Allemagne atteignent en moyenne 0,99 %, ce qui permet aux déposants qui recherchent activement les produits les plus compétitifs de gagner jusqu’à 74 fois plus, les aidant à mitiger les effets négatifs de l’inflation.

En France, il en est de même. Les épargnants, les plus actifs et astucieux, peuvent obtenir des taux de rémunération 3x supérieurs à ceux offerts par les trois plus grandes banques: à savoir 0.8% d’intérêts versus 0.27% offerts par ces dernières.

En Espagne, les déposants qui placent auprès des trois plus grandes banques espagnoles avec un taux d’intérêt de 0,10 % peuvent gagner dix fois plus, jusqu’à 0,99 %, avec les meilleures offres du marché de leurs concurrents.

A l’exception de l’Irlande et du Royaume Uni, cet arbitrage existe à travers toute l’Europe.

La situation d’oligopole bancaire peut favoriser des taux extrêmement bas, mais les banques profitent surtout de la passivité et complaisance de leurs clients. Les clients les plus actifs ont compris l’intérêt économique et réglementaire d’un marche unique europeen et privilégient les intermédiaires et plateformes telles que Raisin pour exploiter ces arbitrages en souscrivant d’une manière simple et unique des offres de banques concurrentes européennes proposant des taux élevés.

La crise sanitaire accélère l’adoption de solutions numériques et par conséquent devrait être bénéfique aux acteurs qui adoptent des processus simplifiés et digitaux. Cédric O, secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, a d’ailleurs annoncé que le numérique fera partie des grands thèmes retenus dans le plan de relance, dont les détails devraient être dévoilés début septembre.

Le numérique pourrait alors être un outil complémentaire pour la construction d’un marché unique des services bancaires et financiers.

Tableau de comparaison des taux offerts des 3 plus grandes banques avec les 3 meilleures offres du marché

Moyenne des offres de dépôt à terme d’un an proposées par les 3 plus grandes banques du marché français auprès de de leurs clients de détail; à date du 21/08/2020. Critères: dépôt de 10 000 EUR; offres pour les clients nouveaux et existants. Choix des banques les plus grandes en fonction de la taille du bilan. Ces taux sont calculés en excluant la plateforme de Raisin et, lorsqu’il y en a, tout concurrent direct sur chaque marché.

L’investissement à moyen terme, une épargne en perte d’attractivité ?

Il est important de noter une tendance qui pourrait se généraliser: un aplatissement de la courbe des taux. Les taux à moyen terme, 2 et 3 ans, baissent pour atteindre le niveaux des taux d’intérêts offert a un an.

Il existe une différence de moins de 2 dixièmes de pourcent entre les taux d’intérêt des principaux dépôts à terme à 1 an et à 3 ans à travers toute l’Europe avec exception de la France, L’Italie et le Royaume Uni.

Pire encore, en Allemagne, le taux à 1 an est une fois de plus supérieur au taux à 3 ans.

L’investissement à moyen terme semble donc perdre en attractivité et pourrait mettre à mal le financement de l’économie à long terme. Côté épargnant, dans le but de maximiser leurs investissements, ces derniers devraient considérer de locker ces taux à moyen terme avant qu’ils ne continuent à suivre cette tendance à la baisse et ne deviennent plus rentables.

Meilleurs taux à 1 an et 3 ans

Moyenne des 3 meilleures offres de dépôt à terme pour les clients de détail sur la base des sites de comparaison locaux au 21/08/2020. Critères: dépôt de 10 000 EUR; 1 produit par banque; offres pour les clients nouveaux et existants.

 

DONNEES DE LA BCE

Taux d’intérêts offerts aux épargnants:

Des arbitrages à travers l’Europe encore disponibles

Malgré une tendance générale de baisse des taux d’intérêts offerts aux épargnants européens, il existe toujours des différences prononcées entre les différents pays.

Selon les dernières données de la Banque centrale européenne, parmi les pays les plus touchés par la baisse des taux entre juin 2019 et juin 2020 figurent la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, qui ont perdu entre 30 et 45 points de base. La Grèce a également perdu 30 points de base par rapport à juin 2019, les taux d’intérêt en Finlande (-22), en Pologne (-95) et en République tchèque (-116) ayant également chuté.

L’Allemagne et la Suède font partie des rares marchés qui ont connu une hausse en juin 2020 par rapport à l’année précédente, l’Allemagne ayant légèrement augmenté de 7 points de base et la Suède de 10.

L’écart se réduit. Le taux moyen le plus bas est observé en Espagne avec 0.01% et le plus élevé aux Pays Bas avec 1.06%. Parmi les marchés que nous analysons dans et hors de la zone euro, 14 ont actuellement des taux moyens qui restent inférieurs à 0,2%, dont l’Allemagne, l’Irlande et l’Espagne. En revanche, l’Italie, la France et le Royaume-Uni affichent des taux moyens bien supérieurs à un demi pour cent, soit respectivement 0,64 %, 0,81 % et 0,69 %.

Taux d’intérêts offerts aux épargnants

Taux d’intérêt moyen des nouveaux dépôts, ménages privés; maturités ≤ 1 an, données de la BCE. Remarque: La série chronologique de la Banque centrale néerlandaise pour les dépôts à échéance inférieure à un an comprend aussi un «dépôt pour la  construction» spécifique au pays avec des taux moyens subventionnés et donc  supérieurs aux dépôts à vue et à terme offert par le secteur privé.

 

Taux offerts aux entreprises:

Si le secteur de l’épargne des particuliers est encore préservé et bénéficie de taux positif, celui des PME est fortement pénalisé par les banques qui retranscrivent à leur tour les taux pénalisant de la Banque Centrale Européenne.

Selon les dernières données de la Banque centrale européenne, le taux d’intérêt moyen de la zone euro sur les dépôts des entreprises d’un an ou moins – actuellement à -0,14 % – a perdu 15 points de base depuis juin 2019. Les marchés du Benelux ainsi que l’Allemagne, l’Irlande et l’Espagne affichent tous un taux d’intérêt négatif moyen pour les dépôts des entreprises.

Entre mai et juin, l’Irlande et l’Espagne ont fait un bond de 9 et 10 points de base respectivement, bien que toujours en dessous de 0%, l’Autriche, la Belgique et le Luxembourg ayant également progressé de 3 à 6 points de base.

En moyenne, les taux d’intérêt des entreprises ont baissé en Allemagne et en Italie, respectivement de 9 et 12 points de base, l’Allemagne affichant le taux moyen le plus bas, soit -0,33 %. La Lituanie (-13 points de base) et l’Estonie (-14 points de base) ont également perdu beaucoup de terrain.

La France fait figure d’exception dans le panorama européen en offrant un taux positif, même si ce dernier continue de baisser. Il n’est plus que de 0.02% pa.

Average Corporate Rates across Europe – ECB

Taux d’intérêt moyen pour les nouveaux dépôts des entreprises, avec une  échéance ≤ 1 an, statistiques de la zone euro.

 

Sources: European Central Bank, Raisin, Bloomberg, Bloomberg, Financial Times.

Image: NASA

 

Tandis que l’Europe se remet doucement de la pandémie, les taux d’intérêt des entreprises sont volatils, et ceux des particuliers baissent.


L’Europe a commencé à s’ouvrir à nouveau, à la suite des vastes mesures de confinement visant à contrôler la pandémie de Covid-19. Toutefois, selon la plupart des analyses, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour se remettre de cette crise.

La chancelière allemande Angela Merkel et Emmanuel Macron, ont rejoint le camp des interventionnistes avec la Banque centrale européenne, plaidant pour des mesures fortes de soutien aux économies les plus touchées de l’UE, malgré les protestations des conservateurs allemands et des libéraux partisans d’un marché libre. L’économiste en chef de la BCE, Philip Lane, a fait valoir que les mesures prises jusqu’à présent par la banque centrale, notamment le « PEPP (Plan pandémie, Pandemic Emergency Purchase Programme); les opérations de refinancement; les mesures d’assouplissement des garanties », ont contribué à la stabilisation de l’UE.

 

Comparaison des taux d’intérêt:

L’excès de liquidités dans les grandes institutions financières conduit à une baisse des taux

Les taux d’intérêt à un an les plus élevés sur les dépôts en Allemagne, aux Pays-Bas, au Portugal, au Danemark et dans l’extrême est de la Roumanie se situent entre 0,57 % et 0,97 %, tandis que les mêmes dépôts dans les plus grandes banques de ces marchés ont tous des taux inférieurs à 0,05 %, selon la nouvelle étude de Raisin.

Les taux sur les dépôts à un an dans les plus grandes institutions financières d’Espagne, de Belgique, d’Autriche et d’Irlande ne sont pas beaucoup plus élevés et tournent tous autour de 0,1 %.

Qu’est-ce qui explique l’écart entre les taux des plus grandes banques et les taux pratiqués ailleurs ?

Le taux de dépôt de la Banque centrale européenne est actuellement de -0.50%. Les banques sont tenues de conserver des fonds en réserve auprès de la BCE pour couvrir les retraits de leurs clients. Toutefois, elles déposent généralement beaucoup plus que ce montant obligatoire. Le taux d’intérêt de la BCE est considéré comme un outil pour sa politique monétaire: en faisant baisser le coût du crédit et en faisant payer les banques lorsqu’elles conservent des liquidités, plutôt que les prêter, la banque centrale entend stimuler les prêts, les investissements et les autres activités économiques. Mais à l’heure actuelle, de nombreuses grandes banques disposent tout simplement d’une surabondance de liquidités car leurs clients n’ont pu consommé pendant le confinement ou ont fait le choix de se constituer une épargne de précaution. Les banques, quant à elles, sont soit réticentes à prêter, soit ne connaissent pas une demande suffisante.

Les banques les plus petites n’ont pas ce problème. Du fait de leur taille et/ou de leur couverture géographique plus limitée, elles ont accès à un pool de liquidité plus limité pour financer l’activité économique de leurs clients (retail et entreprises). Afin de répondre à la demande locale et régionale de prêts, les banques de taille plus modeste offrent donc souvent des taux d’intérêt plus lucratifs pour attirer la liquidité des épargnants, et un écart se creuse entre les taux d’intérêt des grandes banques et ceux des petites et moyennes institutions. Mais pour les épargnant-consommateurs, les alternatives les plus rentables n’impliquent pas un risque plus important, puisque tous leurs dépôts sont couverts par les directives européennes de garantie des dépôts dans chaque pays.

Dans la plupart des pays d’Europe les consommateurs peuvent trouver des taux plus élevés s’ils le souhaitent.

L’écart entre les taux des plus grandes banques et les meilleurs taux disponibles est particulièrement marqué en Allemagne, aux Pays-Bas, au Portugal et au Danemark, avec un multiple allant de 23x à 67x.

Au Royaume-Uni, le ratio n’est que de 2:1, un des plus petits, et pourtant, la différence pour les consommateurs est significative. La seule exception est l’Irlande. En effet, si l’on exclut les offres de Raisin pour un an (actuellement jusqu’à 13 fois plus élevées que les taux moyens des grandes banques)*, les « meilleures offres » ont baissé par rapport aux offres des grandes banques.

S’il le souhaite, l’épargnant-consommateur peut profiter de ces divergences de taux entre les pays européens et entre les différentes institutions financières au sein d’un même pays grâce à des plateformes internet telles que celle de Raisin qui affichent les offres de produits d’épargne des banques européennes, contribuant ainsi à la création d’un marché unique des services bancaires et financiers.

*Ces taux sont calculés en excluant la plateforme de Raisin et, lorsqu’il y en a, tout concurrent direct sur chaque marché.

 

Tableau de comparaison des taux offerts des 3 plus grandes banques avec les 3 meilleures offres du marché:

Moyenne des offres de dépôt à terme d’un an proposées par les 3 plus grandes banques du marché français auprès de de leurs clients de détail; à date du 23/06/2020. Critères: dépôt de 10 000 EUR; offres pour les clients nouveaux et existants. Choix des banques les plus grandes en fonction de la taille du bilan.

 

Les taux les plus élevés pour les dépôts à 1 et 3 ans diminuent dans une grande partie de l’Europe

Dans toute l’Europe, un certain nombre de grandes économies ont vu leurs taux supérieurs à un et trois ans baisser, notamment l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Norvège et le Royaume-Uni.

En France, en Autriche, en Belgique, au Portugal et en Irlande, les taux les plus élevés sont restés stables. Aucun marché unique n’a connu d’augmentation des taux maximaux depuis mi-mai.

Malgré cela, les taux maximaux restent bien supérieurs aux taux d’intérêt offerts sur les dépôts dans les grandes banques de la plupart des marchés européens.

 

Meilleurs taux à 1 an et 3 ans:

Moyenne des 3 meilleures offres de dépôt à terme pour les clients de détail sur la base des sites de comparaison locaux au 23/06/2020. Critères: dépôt de 10 000 EUR; 1 produit par banque; offres pour les clients nouveaux et existants.

 

DONNEES DE LA BCE.
Taux d’intérêts offerts aux épargnants:

Les taux d’intérêt des particuliers en France et en Italie sont les plus impactés en Europe occidentale

Les données les plus récentes de la Banque centrale européenne sur les taux d’intérêt offerts aux épargnants (avril) mettent en avant une baisse générale. L’impact de la pandémie s’étant atténué, la moyenne de la zone euro a chuté de 29 % (moins 9 points de base).

Les pays les plus touchés ont été la France (baisse de 19 points de base à 0,57 % du taux moyen sur les dépôts à un an maximum), l’Italie (moins 65 points de base à 0,91 %) et la Slovaquie (moins 15 points de base à 0,41 %).

Près de dix pays de la zone euro restent sous la barre des 0,2 % en moyenne pour les dépôts à un an maximum.

Taux d’intérêts offerts aux épargnants:

Taux d’intérêt moyen des nouveaux dépôts, ménages privés; maturités ≤ 1 an, données de la BCE. Remarque: La série chronologique de la Banque centrale néerlandaise pour les dépôts à échéance inférieure à un an comprend aussi un «dépôt pour la  construction» spécifique au pays avec des taux moyens subventionnés et donc  supérieurs aux dépôts à vue et à terme offert par le secteur privé.

 

Taux Entreprises:

Les entreprises font face à une volatilité des taux d’intérêt qui leurs sont offerts

Les premières semaines de la pandémie mondiale de Covid-19 ont vu des changements importants dans les taux d’intérêt offerts aux entreprises, l’Espagne, les Pays-Bas et la Belgique ayant tous chuté de 13 à 16 points de base, et Malte de 61 points de base. C’est ce que révèlent les dernières données de la Banque centrale européenne, datant d’avril 2020.

L’Espagne a maintenant rejoint les pays ayant des taux d’intérêt négatifs, avec une nouvelle moyenne de -0,12 % sur les dépôts des entreprises.

Dans le même temps, les taux d’intérêt des entreprises en Allemagne, en Autriche, en Italie et dans les pays baltes (notamment en Estonie, en Lituanie et en Finlande) ont augmenté de manière significative. L’Allemagne et l’Autriche, en revanche, affichent toujours des taux d’intérêt négatifs de -0,17 % et -0,01 % en moyenne pour les entreprises.

En Allemagne, les entreprises peuvent toutefois trouver des produits aux rendements beaucoup plus élevés sur les plateformes de dépôt. (La plate-forme commerciale allemande de Raisin, par exemple, propose actuellement des taux allant jusqu’à plus de 2 % auprès de banques en Allemagne, en France et sur d’autres marchés de l’Espace économique européen).

 

Taux offerts aux entreprises

Taux d’intérêt moyen pour les nouveaux dépôts des entreprises, avec une  échéance ≤ 1 an, statistiques de la zone euro.

 

Sources: BCE, Raisin, FT, Bloomberg.

Image: Raphaël Biscaldi, Unsplash

 

 

Les taux d’épargne augmentent considérablement pendant le confinement, malgré la baisse des taux d’intérêts. L’inflation, elle aussi, diminue

La proposition d’Angela Merkel de supporter, avec Emmanuel Macron, une certaine forme d’euro-obligations afin de soutenir les pays les plus durement touchés de la zone euro, la met en accord avec l’attitude résolument pro-euro et interventionniste de la Banque Centrale Européenne. Ainsi, l’UE et la zone euro semblent avoir reçu l’impulsion politique dont elles ont besoin pour se remettre économiquement de la pandémie. Cela étant dit, la BCE prévient que ne sera pas sans embûches et défis économiques.

L’indice de confiance des consommateurs a plongé en Europe au cours des derniers mois. Devant faire face à une incertitude économique et sanitaire, les européens changent leur comportement: ils dépensent moins et épargnent davantage. la directe conséquence du ralentissement du taux de circulation de l’argent est, entre autre, une forte baisse du taux d’inflation, ce dernier tombant à +0.1% en avril 2020, le niveau le plus bas depuis l’été 2016, contre un niveau de +1,4% en janvier 2020.

 

Taux d’intérêts offerts aux épargnants:

La pandémie du covid-19 ne parvient pas à freiner la baisse des taux d’intérêt.

Les dernières données de la Banque Centrale Européenne indiquent une légère baisse globale, à travers l’Europe.

Dix marchés européens (y compris l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas et l’Irlande) ont vu le taux d’intérêt moyen évoluer dans un range de +/- 1 point de base. Quant à l’Allemagne et la France, elles ont vu les taux offerts baisser de 3 points de base.

Dans les extrêmes, on trouve à la baisse, la République tchèque et le Danemark qui ont vu leur taux moyen baisser respectivement de -30 et -11 points de base. Alors qu’à la hausse, se situent l’Italie et le Royaume-Uni qui ont rebondi respectivement de 12 et 8 points de base à la hausse, ainsi que la Lettonie (13 points de base en hausse) et de la Slovénie (11 points de base en hausse). Pour ces derniers, serait-ce une conséquence d’une méfiance éventuels des marchés de capitaux envers les acteurs bancaires de ces marchés ?

Taux d’intérêts offerts aux épargnants:

Taux d’intérêt moyen des nouveaux dépôts, ménages privés; maturités ≤ 1 an, données de la BCE. Remarque: La série chronologique de la Banque centrale néerlandaise pour les dépôts à échéance inférieure à un an comprend aussi un «dépôt pour la  construction» spécifique au pays avec des taux moyens subventionnés et donc  supérieurs aux dépôts à vue et à terme offert par le secteur privé.

Les indications d’une remontée des taux s’amenuisent alors qu’en Allemagne elles disparaissent

D’après les données collectées par l’équipe de veille financière de Raisin, la hausse des taux a stoppé à travers l’Europe, à l’exception d’une hausse marginale dans trois pays européens.

Les épargnants allemands et polonais sont les principaux perdants avec respectivement une baisse de 7 points de base et 40 points de base respectivement pour le taux à 1 an.

Meilleurs taux à 1 an et 3 ans:

Moyenne des 3 meilleures offres de dépôt à terme pour les clients de détail sur la base des sites de comparaison locaux au 19/05/2020. Critères: dépôt de 10 000 EUR; 1 produit par banque; offres pour les clients nouveaux et existants.

 

En France, à fin avril,  le différentiel de taux entre celui des banques les plus importantes en terme de taille et celui offert par les banques les plus agressives restent constant. Par conséquent la structure concurrentielle du secteur de l’épargne français n’a pas changé. Elle reste constante avec un facteur de 3x. En d’autre terme, les épargnants français peuvent trouver des taux d’épargne 3 fois plus rémunérateurs auprès de banques autres que les trois plus grandes banques françaises. D’où l’intérêt pour l’épargnant français d’être moins complaisants et plus actifs dans la gestion de ses liquidités, d’autant plus que des sites comparateurs et des plateformes d’épargne transfrontalière telle que raisin.fr existe.

Tableau de comparaison des taux offerts des 3 plus grandes banques avec les 3 meilleures offres du marché:

Moyenne des offres de dépôt à terme d’un an proposées par les 3 plus grandes banques du marché français auprès de de leurs clients de détail; à date du 19/05/2020. Critères: dépôt de 10 000 EUR; offres pour les clients nouveaux et existants. Choix des banques les plus grandes en fonction de la taille du bilan.

 

Taux Entreprises:

La hausse des taux d’intérêt en France, en Espagne et en Italie s’opposent à une baisse généralisée dans les autres pays européens

Les taux d’intérêt de la zone euro sur les dépôts des entreprises ont baissé de -0,09% en moyenne, la Finlande reculant de -27 points de base à -0,02% et l’Estonie et l’Autriche de -14 et -6 points de base respectivement.

Mais plusieurs marchés ont eu de bonnes nouvelles pour les entreprises désireuses de placer leurs excès de liquidité. La France et l’Espagne sont sorties d’un territoire négatif: le premier voyant ses taux bondir de 15 points de base et ce dernier de 26 points de base. L’Italie a quant à elle vu ses taux bondir de 49 points de base, laissant les taux négatifs derrière elle pour atteindre un taux positif de 0,27% pa d’après les données de la BCE.

L’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas et l’Irlande, quant à eux, sont tous descendus encore plus dans les abysses du monde de taux d’intérêts négatifs. Les entreprises de ces pays paient de plus en plus cher pour avoir le privilège de déposer leurs liquidités auprès de leurs banques.

 

Taux offerts aux entreprises

Taux d’intérêt moyen pour les nouveaux dépôts des entreprises, avec une  échéance ≤ 1 an, statistiques de la zone euro.

 

Sources: hBCE, Raisin, OECD, Bloomberg.

Image: j par Unsplash

 

À propos de Raisin

Un précurseur de l’open banking et leader pan-européen de l’épargne et de l’investissement à travers une plateforme unique, la fintech berlinoise fut créé en 2012 par Dr. Tamaz Georgadze (CEO), Dr. Frank Freund (CFO) et Michael Stephan (COO). Les plateformes de Raisin — sous la marque WeltSparen dans les pays germanophones — font tomber les barrières pour faciliter l’épargne des consommateurs européens et des PME: la marketplace Raisin offre des comptes de dépôts garantis attractifs et faciles d’accès sans coûts de souscription à travers l’Europe, ainsi que des produits d’investissement en ETF et des plans d’épargne retraite à bas coûts en Allemagne. Grâce à une seule ouverture de compte en ligne, les clients de Raisin ont accès à une gamme diversifiée de produits d’épargne et peuvent ensuite gérer simplement leur patrimoine en ligne. Depuis 2013, Raisin a intermédié plus de 23 milliards d’euros auprès de plus de 26,000 clients et 92 banques partenaires à travers 30+ pays européens. Raisin a été nominé parmi les top 5 fintechs des Fintech 50 et est soutenu financièrement par d’investisseurs institutionnels américains et européens tels que btov Ventures, Goldman Sachs, PayPal Ventures, Thrive Capital, Index Ventures, Orange Digital Ventures et Ribbit Capital. Raisin UK basé à Manchester, banking-as-a-service Raisin Bank à Francfort, fairr.de, et Raisin Technology Technologies appartiennent tous au groupe Raisin.